Jean-Michel Aphatie claque la porte de RTL : « Je ne reviendrai pas »

 Jean-Michel Aphatie claque la porte de RTL : « Je ne reviendrai pas »

C’est une décision sans retour. Écarté temporairement de l’antenne après ses propos sur la colonisation en Algérie, Jean-Michel Aphatie a annoncé qu’il ne remettrait plus les pieds à RTL. « Je ne reviendrai pas. C’est ma décision », a-t-il écrit dans un message publié sur X, où il explique longuement son choix.

Une suspension qui passe mal

Tout a commencé le 25 février, lorsque le journaliste a évoqué à l’antenne « des Oradour-sur-Glane en Algérie » commis par la France au XIXe siècle.

Face à un Thomas Sotto sceptique, il avait répliqué : « Les nazis se sont comportés comme nous. » Des propos qui ont déclenché de nombreuses réactions, certains dénonçant un parallèle osé, d’autres saluant une vérité historique trop souvent passée sous silence.

S’en est suivie une semaine de suspension, décidée par RTL après des protestations d’auditeurs. Une mise à l’écart qu’Aphatie dit avoir d’abord comprise. Mais une fois le jour de sa suspension arrivé, son regard a changé. « Même décidée dans un cadre serein, une punition reste une punition », explique-t-il. Revenir à l’antenne aurait signifié, selon lui, reconnaître une faute qu’il ne voit pas.

Un choix de principe

Jean-Michel Aphatie le martèle : il assume totalement ses propos sur la colonisation. « Ce que j’ai lu dans les livres d’historiens méticuleux m’a horrifié », écrit-il, décrivant les massacres, les expropriations et les injustices subies par les Algériens sous domination française. Il regrette que la France n’ait jamais pleinement reconnu cette réalité et refuse de cautionner une sanction qui l’inviterait à se taire.

Dans son message, il ne manque pas d’égratigner ceux qu’il appelle les « faux nationalistes », qui, selon lui, « s’effarouchent des vérités de l’histoire ». Il rappelle aussi son soutien à Boualem Sansal, écrivain algérien récemment emprisonné.

Une polémique loin d’être éteinte

Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression des journalistes et la place du passé colonial dans le discours public. D’un côté, certains estiment qu’Aphatie a été sanctionné pour avoir dit une vérité dérangeante. De l’autre, on critique la comparaison avec les crimes nazis, jugée excessive.

Quant à RTL, la station n’a pas encore réagi officiellement au départ du journaliste. Mais une chose est sûre : Jean-Michel Aphatie, lui, tourne la page.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.