La DJ Sama Abdulhadi arrêtée par la police palestinienne

 La DJ Sama Abdulhadi arrêtée par la police palestinienne

La DJ palestinienne Sama Abdulhadi, arrêtée par la police palestinienne après avoir donné un concert sur un site religieux en Cisjordanie occupée, le 27-12-2020. Lionel BONAVENTURE / AFP

Pour beaucoup, il s’agit d’une arrestation arbitraire. Des organisations de défense des droits humains ont appelé à la libération de la DJ Sama Abdulhadi, arrêtée par la police palestinienne après avoir donné un concert sur un site archéologique et religieux en Cisjordanie occupée, ayant soulevé une vague de critiques.

 

Considérée comme la première femme DJ palestinienne, Sama Abdulhadi, 30 ans, a été arrêtée par la police dimanche 27 décembre. L’arrestation a eu lieu après un concert de musique électronique organisé la veille au soir à Nabi Moussa. Lieu présumé de la tombe du prophète Moïse près de Jéricho.

Selon Ammar Dweik, directeur de la Commission palestinienne indépendante des droits de l’Homme (une organisation créée par l’Autorité palestinienne), Sama Abdulhadi avait reçu l’autorisation des autorités pour ce concert.

 

La demande de libération sous caution rejetée

« Nous avons demandé aujourd’hui sa libération car son arrestation n’est pas logique ». « Elle avait reçu une autorisation du ministère du Tourisme », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Nabi Moussa n’est pas un site uniquement religieux mais également touristique » a-t-il estimé. « Et si la musique électronique n’y était pas appropriée, le ministère n’aurait pas dû donner son autorisation ». Sa détention avait été prolongée mardi de 15 jours a précisé Ammar Dweik.

La famille de la musicienne a demandé des explications aux autorités. Elle a indiqué dans un communiqué que la demande de libération sous caution avait été rejetée. Partagées sur les réseaux sociaux, des vidéos montrant des hommes et des femmes dansant à Nabi Moussa ont suscité une vague d’indignation. Des internautes estiment qu’il s’agit d’une profanation du lieu, où se situe également une mosquée.

 

Une commission d’enquête

« Ce qui s’est passé hier à Jéricho est vraiment dégoûtant. C’est une insulte aux trois religions monothéistes », a fustigé l’un d’entre eux sur Twitter. « Comment une bande de Palestiniens libéraux osent-ils faire la fête à la mosquée de Nabi Moussa ? ». Lors du concert, des hommes ont pénétré dans l’enceinte du bâtiment et poussé les participants à en sortir. Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a exigé la constitution d’une commission d’enquête « pour déterminer ce qu’il s’est passé à Nabi Moussa ».

L’organisation Al-Haq de défense des droits humains a critiqué une « arrestation arbitraire », visant à satisfaire une partie de l’opinion palestinienne, d’après son directeur Chaawane Jabarine. Par ailleurs, le concert a eu lieu malgré les restrictions en vigueur en Cisjordanie pour lutter contre le nouveau coronavirus, dont un confinement.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.