La Série Economie.A qui profite le terrorisme ?

crédit photo : Fred Dufour / AFP

“A qui profite le terrorisme ?” Nous avons voulu ce titre provocateur. Non pas pour “exorciser” la peur ou pour porter un jugement moral ou politique. Non, nous nous sommes focalisés sur l’aspect économique des derniers ­attentats. Hormis le dédommagement des victimes et le coût pour l’Etat de la menace terroriste, ­certaines entreprises privées connaissent un gain de croissance surprenant.

Nous avons besoin de sécurité et nous sommes quasiment prêts à tout pour retrouver notre sérénité passée, comme l’illustre le futur mur anti-balles autour de la tour Eiffel d’un coût de 30 millions d’euros. Des caméras de surveillance aux armes en passant par les barrières de sécurité, tout est fait pour notre quiétude. Les plus visibles, bien sûr, sont les sociétés de sécurité qui ont connu une hausse de 3,5 % de demande d’agents privés.

 

Tous les secteurs profitent de l’aubaine

Autre secteur qui progresse : les écoles de tirs qui ont vu leur nombre d’adhérents passer de 140 000 à 200 000 entre 2011 et 2016. Certains proposent même des stages façon guérilla en Pologne, contre 300 euros, pour ­apprendre à tirer avec des gros calibres. Pas sûr que ce soit efficace quand on sait que les dégâts peuvent être encore plus importants en cas d’intervention armée mal maîtrisée. L’auto-défense est aussi à l’honneur, avec des clubs de sport qui font le plein pour les cours d’arts martiaux (boxe thaï, ju-jitsu, krav-maga) dans lequel il est étonnant de trouver une proportion importante de femmes.

Plus inattendue : la success story d’Abdel Feghoul, fondateur de la société Blocstop, installée à Talence, près de Bordeaux. Ce génial inventeur a conçu des blocs de béton pour stopper la “folie meurtrière des hommes”. Il est en passe de construire deux autres usines en France pour faire face à la demande.

Tous les secteurs profitent de l’aubaine. Au niveau technologique aussi, on se creuse les méninges comme le procédé Emphasis, testé à Stockholm, qui détecte dans les eaux usées les produits chimiques utilisées par les poseurs de bombes ou cette entreprise de Villeneuve-d’Ascq qui travaille sur une caméra ultra-perfectionnée, la Millicam, ­capable de détecter des objets dangereux dans un rayon de 10 mètres, même à travers les vêtements.

Economiquement, le terrorisme n’est pas anodin. Selon la direction générale du Trésor, on parle en France d’un coût de 2 milliards d’euros. Un impact négatif cependant à très court terme. Selon les recherches du groupe financier franco-allemand Oddo, les attentats “ne laissent pas de trace durable sur l’activité économique”.  

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