L’ONU lance un appel pour aider la population libyenne

 L’ONU lance un appel pour aider la population libyenne

La résolution consacre les efforts de l’institution de médiateur en coordination avec l’Institut international de l’ombudsman ONU – DON EMMERT / AFP


 


Depuis la chute de l'ex-dictateur Mouammar Khadafi en 2011, la Libye est livrée à des milices armées. On peut tout de même remercier la France et le Royaume-Uni, en pole position quand il avait été question de bombarder la Libye. Mais rien n’avait été envisagé ni par Paris ni par Londres pour préparer l’après-Kadhafi, ce qui a mené au chaos actuel. 


 


L'ONU a donc appelé ce mercredi 9 décembre la communauté internationale à fournir 165 millions de dollars d'assistance humanitaire à 2,4 millions de personnes en Libye


"Nous appelons le monde à tendre la main aux personnes affectées en Libye -Libyens et non Libyens- (…). Plus de 2,4 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire", a déclaré Ali al-Zaatari, coordinateur des opérations humanitaires de l'ONU en Libye, lors d'une conférence de presse à Tunis, en évoquant les réfugiés, les personnes déplacées ainsi que les personnes malades ou victimes de violences.


"Nous avons besoin de 165,6 millions de dollars en 2016 (…). Si nous n'obtenons pas cette somme, modeste en comparaison avec ce qui est dépensé pour l'armement par exemple, alors il faut s'attendre à ce que la crise humanitaire s'aggrave", a-t-il averti. M. Zaatari aussi appelé les parties en présence en Libye à "un cessez-le-feu humanitaire" et à "ouvrir des corridors" pour faire parvenir l'aide à ceux qui en ont besoin.


Syed Jaffar Hussain, représentant de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la Libye, a de son côté précisé que ces financements serviraient essentiellement "à l'aide humanitaire de base", comme l'eau potable, les égouts, les vaccins, les médicaments et à permettre aux femmes enceintes d'accoucher dans de bonnes conditions sanitaires. Les grands dégâts infligés à l'infrastructure dans la majeure partie de la Libye ont eu un impact sur la vie des gens, a-t-il ajouté. D'après lui, 1,3 million de Libyens, dont une majorité d'enfants et de femmes, souffrent de malnutrition en raison de "la détérioration du pouvoir d'achat des Libyens".


Un rapport de l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires indiquait en octobre dernier que près de la moitié de la population en Libye était affectée par les conflits armés.

"Plus de trois millions de personnes ont été affectées par les conflits armés et l'instabilité politique que connait la Libye, dont 2,44 millions seraient dans une situation nécessitant une protection et une assistance humanitaire", précisait ce rapport. L'ONU rappelle mercredi que la Libye "reste hostile pour les acteurs humanitaires" en raison de la violence.



Depuis un an, deux autorités rivales -l'une basée à Tripoli, l'autre reconnue par la communauté internationale et installée dans l'est du pays – se disputent le pouvoir, une situation qui a permis notamment au groupe jihadiste Etat islamique (EI) de monter en puissance.


 


Nadir Dendoune


(Avec AFP)

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.