Des réfugiés «mobilisés» auprès des agriculteurs en Seine-et-Marne

 Des réfugiés «mobilisés» auprès des agriculteurs en Seine-et-Marne

Malgré la polémique


Malgré la polémique, le préfet de Seine-et-Marne a défendu ce mardi 31 mars sa décision de faire appel à des réfugiés pour prêter main forte aux agriculteurs du département confrontés à une pénurie de main d’œuvre en pleine épidémie de coronavirus, assurant que la démarche reposait sur le volontariat et qu'ils seraient rémunérés. «Ils seront rémunérés comme tous les ouvriers agricoles avec un titre de travail», a précisé le préfet de Seine-et-Marne mardi matin sur son compte Twitter. «Ils travailleront dans les conditions sanitaires garanties avec bien évidement la mise en place des gestes barrières».


Une initiative qui surprend. D’un côté, le confinement, de l’autre l’appel aux réfugiés pour soutenir les agriculteurs de Seine et Marne. 


L'annonce lundi dans la soirée de «cet encouragement à aller travailler» a suscité un début de polémique sur les réseaux sociaux, certains internautes réclamant des clarifications sur cette démarche à laquelle 56 réfugiés issus entre autres des cinq centres d'hébergement provisoires du département se sont, selon la préfecture, portés volontaires.


La filière agricole française est en quête de quelque 200.000 travailleurs saisonniers pour remplacer notamment les étrangers venant habituellement participer aux récoltes mais bloqués en raison du confinement décidé pour enrayer la propagation du coronavirus qui touche plus de 200 pays dans le monde. Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui a lancé un appel aux personnes n'ayant plus d'activité compte tenu de l'épidémie à rejoindre «la grande armée de l'agriculture française», a fait état jeudi dernier de 40.000 personnes qui s'étaient d'ores et déjà portées volontaires.


On espère que passée la crise du Coronavirus, le gouvernement français se souviendra de ces services rendus à la Nation…


 


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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.