Mobilisation pro-Gaza: La police évacue Sciences Po Paris alors que le mouvement s’étend

 Mobilisation pro-Gaza: La police évacue Sciences Po Paris alors que le mouvement s’étend

Des policiers anti-émeutes montent la garde devant l’université d’élite française « Sciences-Po » à Paris, le 14 mars 2024, après l’interdiction d’une manifestation pro-palestinienne par la préfecture de Paris. (Photo de Thomas SAMSON / AFP)

Les forces de l’ordre sont intervenues vendredi à Sciences Po Paris pour évacuer les militants pro-Gaza qui l’occupent. L’établissement et ses campus restent l’épicentre en France d’une mobilisation étudiante en faveur des Palestiniens, qui enflamme le débat politique.

Selon un étudiant de Sciences Po qui s’est exprimé auprès de la presse, « une cinquantaine d’étudiants étaient encore présents dans les locaux de la rue Saint-Guillaume » au moment où les forces de l’ordre sont entrées dans l’école, une semaine après une mobilisation émaillée de tensions à Sciences Po Paris et une précédente évacuation de locaux.

Lire aussi >> Mobilisation pro Palestine à Sciences Po : Valérie Pécresse suspend ses financements

« La fermeté est et restera totale », a fait savoir Matignon. Gabriel Attal a « demandé l’intervention dès la réquisition de l’administrateur provisoire » de Sciences Po Paris, a-t-on précisé de même source. L’administrateur provisoire de l’école, « Jean Bassères a donné un ultimatum de 20 minutes pour sortir », en raison de « la tenue des examens à partir de lundi », a déclaré à la presse Hicham, représentant du Comité Palestine, après sa sortie des locaux occupés. Au total « 91 personnes ont été évacuées, sans incident », a précisé la préfecture de police.

 

Grève de la faim

Sept étudiants ont démarré une grève de la faim jeudi, ainsi que cinq autres sur le campus de Sciences Po Paris à Reims. Ils demandent un « rapport sur les partenariats universitaires et économiques vis-à-vis des violations du droit international et des droits de l’Homme en Palestine », selon le Comité Palestine Sciences Po. Lors d’un débat interne sur le Proche-Orient organisé jeudi par la direction l’administrateur de l’école a en effet répété qu’il n’était pas question, comme le réclament certains étudiants, d' »investiguer » les relations de Sciences Po avec des universités israéliennes.

Après Sciences Po Paris, la mobilisation étudiante en faveur de Gaza et des Palestiniens s’étend doucement à d’autres IEP et à certaines universités. Plusieurs syndicats étudiants ont également annoncé un rassemblement en soutien à la cause palestinienne ce vendredi à Paris.

Place de la Sorbonne, à quelques centaines de mètres de Sciences Po Paris, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) tient pendant une bonne partie de la journée une « table du dialogue », avec plusieurs invités, dont le dessinateur Joann Sfar (« Le chat du rabbin »). Seule une dizaine de personnes y participaient à la mi-journée.

 

Les étudiants plus mobilisés que jamais sur la question palestinienne

Ailleurs en France, plusieurs campus de Sciences Po Paris comme au Havre, Dijon, Reims ou Poitiers ont fait l’objet de perturbations, blocages ou occupations partielles. À Saint-Étienne, une intervention de la police a délogé une quinzaine d’étudiants qui bloquaient l’accès à un site universitaire. À Lille, des étudiants bloquaient encore l’entrée de l’ESJ (l’école de journalisme de Lille) vendredi matin, selon une journaliste de l’AFP.

Lire aussi >> La mobilisation pro-palestinienne s’étend dans les universités américaines et françaises

Aux États-Unis, les campus d’une quarantaine d’universités connaissent une vague de mobilisation en soutien aux Palestiniens. Parti de New York, le mouvement se répand à travers tous le pays, avec souvent des interventions musclées de la police. En deux semaines, au moins deux mille manifestants ont été arrêtés, dont de nombreux professeurs, selon l’agence Associated Press.

La puissante American Civil Liberties Union s’est indignée des opérations de police et a écrit aux directeurs des universités publiques et privées du pays. L’organisation historique de défense des droits humains leur demande de mieux protéger la liberté d’expression et la liberté académique sur leurs campus.

Rached Cherif