Gaza : un Palestinien tué par des tirs israéliens alors qu’il manifestait

 Gaza : un Palestinien tué par des tirs israéliens alors qu’il manifestait

A gauche : Manifestation de la « Grande marche du retour » et « Journée de la terre palestinienne » à l’est du quartier de Shuja’iyya


Ça recommence… Un Palestinien a été tué ce samedi matin (30 mars) par des tirs israéliens à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, quelques heures avant le début de manifestations de masse prévues dans l'enclave palestinienne marquant l'anniversaire des «  Marches du retour  ». 


Mohammed Saad, âgé de 20 ans, est décédé après avoir été blessé à la tête par des éclats de balles à l'est de la ville de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas dans un communiqué.



Des milliers de Palestiniens sont appelés à manifester samedi près de la frontière, un an après le début d'une mobilisation contre le blocus israélien et pour le droit de revenir sur les terres qu'eux-mêmes ou leurs parents ont été chassés par les milices sionistes à la création d'Israël en 1948. Les sites habituels des manifestations étaient calmes samedi matin. Seuls quelques dizaines de jeunes Palestiniens y étaient visibles ainsi que des membres des forces de sécurité du Hamas. Depuis le 30 mars 2018, les «  Marches du retour  » ont fait des centaines de victimes côté palestinien.




Au moins 259 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, depuis cette date. Deux soldats israéliens ont été tués. La tenue d'élections législatives en Israël le 9 avril ajoute à l'incertitude ambiante concernant ce premier anniversaire. Des pourparlers ont eu lieu ce vendredi sous l'égide de l'Égypte, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, pour tenter d'éviter des violences. Le Hamas cherche à alléger le blocus israélien qui, depuis plus de dix ans, étouffe la bande de Gaza éprouvée par les guerres et la pauvreté. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le mouvement islamiste, qui refuse son existence et auquel il a fait trois fois la guerre depuis 2007.



En début de semaine, le spectre d'un nouveau massacre à Gaza est réapparu. Ripostant à un tir de roquette sur une localité au nord de Tel-Aviv, l'armée israélienne a frappé de manière disproportionnée des dizaines d'objectifs dans l'enclave. Les groupes armés palestiniens ont riposté par des dizaines de roquettes et d'obus de mortier vers les localités israéliennes environnantes, n'occasionnant aucun blessé. Israël dispose d'un bouclier de protection, ce qui n'est pas le cas pour la bande de Gaza. La situation est redevenue calme depuis.



Palestiniens et défenseurs des droits humains accusent Israël d'usage excessif de la force. Israël dit ne faire que défendre sa frontière. Dans un communiqué, l'armée israélienne a indiqué vendredi continuer «  à se préparer à de possibles escalades avec une grande variété de plans opérationnels  » et s'est dite «  prête à une grande variété d'événements  ». Le communiqué indique que les troupes stationnées dans le secteur de la bande de Gaza ont été renforcées, sans donner davantage de détails. On peut donc craindre le pire pour les habitants de Gaza…

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.