Pour la première fois, une femme présente un JT en Arabie saoudite

 Pour la première fois, une femme présente un JT en Arabie saoudite

Weam Al Dakheel


En Arabie saoudite, c'est un événement. Après l'autorisation pour les femmes de prendre le volant et de rentrer dans les salles de cinéma, ce jeudi 20 septembre, Weam Al-Dakheel est devenue la première femme à présenter le journal télévisé le plus regardé du pays.


Diplômée de l'université libano-américaine en 2011, Weam Al Dakheel est titulaire d'une licence en journalisme et parle trois langues : l'arabe, l'anglais et le français. La journaliste commence sa carrière au journal libanais Dar Al-Hayat en 2011, avant de rejoindre la «CNBC Arabia» comme reporter. En 2014, Al-Arab News Channel la recrute pour travailler comme présentatrice.


Ce n'est qu'en janvier 2018 qu'elle rejoint Riyad pour travailler comme directrice des opérations pour Saudi TV. Quelques mois suffisent pour que Weam Al Dakheel se voit proposer la co-présentation du journal télévisé le plus regardé d'Arabie saoudite. Ce jeudi 20 septembre, à 21h30 heure locale, elle apparaît aux côtés d'un de ses confrères, Omar al-Nashwan.


Un passage à l’écran salué par son directeur de la chaîne Wael Rafeeq : "Aujourd'hui, nous sommes très satisfaits de ce grand développement et de cette avancée de la télévision nationale".



Cette nouvelle mesure sur la chaîne saoudienne rentre dans le plan du prince héritier Mohammad Bin Salman appelé "Vision 2030" qui vise à moderniser le pays.



Si l'avancée a été saluée par certains sur les réseaux sociaux, des militantes et activistes saoudiens continuent de dénoncer un "miroir aux alouettes". Ces derniers mois, le régime a en effet multiplié les arrestations politiques et le recul des droits de l'homme à certains niveaux de la société, selon les informations de certaines ONG.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.