Rentrée: le gouvernement veut lutter contre l’insalubrité de l’école publique

 Rentrée: le gouvernement veut lutter contre l’insalubrité de l’école publique

En ces premiers déplacements en tant que chef de l’exécutif, Hichem Mechichi a dit vouloir instaurer un nouveau mode de gouvernance via “une omniprésence sur le terrain”

 

La veille de la rentrée scolaire en Tunisie, le nouveau chef de gouvernement Hichem Mechichi a visiblement souhaité donner l’image d’un exécutif volontariste, en inspectant personnellement plusieurs écoles et lycées en périphérie de la capitale. Une opération com’ qui ne fait pas l’unanimité chez le corps enseignant.

 

Accompagné du fraîchement investi ministre de l’Education Fathi Slaouti, le chef du gouvernement a effectué tout au long de ce weekend des visites dans nombre d’établissements éducatifs dont, dans un premier temps, l’école primaire Mégrine supérieur, le lycée Hamida Bekir à Mnihla, et le lycée sportif d’El Menzah, puis dimanche à Zaghouan et à Ben Arous, où il a visité l’école primaire du quartier Tayeb Mhiri à El Mhamdia.

Il n’est pas clair si la tournée d’hier dimanche, effectuée dans des établissements manifestement plus délabrés, intervient en réponse aux vives critiques formulées par les internautes et le corps enseignant concernant l’aspect très « ancien régime » de la communication autour de la première série de visites du samedi 13 septembre. Pupitres flambant neufs, sanitaires lustrés dignes d’un hôtel 4 étoiles recevant des ministres en costume cravate, les images ont en effet été raillées sur les réseaux sociaux incrédules, qualifiées de non représentatives.

Autrement plus réaliste, effectuée en jeans-baskets, la tournée de dimanche a montré l’autre visage de la Tunisie, rural, quoique toujours à quelques encablures de Tunis : travaux non finalisés, pupitres vétustes entassés, fenêtres parfois cassées, et sanitaires hors service.

 

« L’école doit renouer avec son rôle d’ascenseur social »

En cette première rentrée post Covid-19 où il s’agit pour les autorités de tutelle de faire respecter l’impératif des protocoles de santé, avec l’obligation de ne pas dépasser 16 élèves par salle de classe, distanciation sociale oblige, Mechichi a reconnu du moins lors du second volet de sa visite, les problèmes structurels connus de tous.

Ceux-là même qui ont conduit y compris après la révolution de 2011 à l’accélération de l’instauration d’une Tunisie à deux vitesses, public / privé, où il est courant que les hauts fonctionnaires eux-mêmes préfèrent inscrire leur progéniture dans les écoles privées, moyennant souvent des milliers de dinars par semestre.

Il a ainsi reconnu que ces déplacements lui ont permis de « constater de nombreuses carences qui ne sont pas à la hauteur de la Tunisie de 2020, ajoutant qu’il est inacceptable qu’un élève ne puisse pas trouver les nécessités les plus élémentaires dans son école, telles que des toilettes salubres et l’eau courante ».

24 heures avant la rentrée des classes qui se fera de manière progressive selon les niveaux de sorte d’éviter un engorgement les premier jours de mise en place du protocole, la situation épidémiologique suscite l’inquiétude dans le pays où on enregistre une hausse substantielle des contaminations au Coronavirus, avec 300 à 400 nouveaux cas par jour.

 

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Seif Soudani