Attentat de l’Hyper Cacher : le Cran réclame la Légion d’honneur pour le « héros » Lassana Bathily

 Attentat de l’Hyper Cacher : le Cran réclame la Légion d’honneur pour le « héros » Lassana Bathily

Lassana Bathily (G)


Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) de France a appelé, mercredi 8 janvier, à décerner la Légion d'honneur à Lassana Bathily, cinq ans après l'attaque avec prise d'otages dans un magasin casher parisien, dont le Malien fut l'un des héros. 


Lassana Bathily, à l’époque sans-papiers, avait caché plusieurs personnes dans la chambre froide de l’enseigne durant l’assaut perpétré par Amédy Coulibaly. Des faits qui lui ont valu d’être naturalisé français.


« Cinq ans après cet acte héroïque, la France n’a toujours pas attribué la Légion d’honneur à ce héros », déplore le CRAN, rappelant qu’une telle distinction a été réclamée par 460.000 signataires d’une pétition. A titre de comparaison, l’association souligne que « les trois Américains qui déjouèrent l'attentat du train Thalys en août de la même année furent décorés 48 heures après les faits ».


« Ce deux poids deux mesures est inacceptable. L’Etat ne doit pas pratiquer de discrimination parmi ses héros », a fustigé Thiaba Bruni, vice-présidente du CRAN, réclamant la même décoration pour Didi, responsable de la sécurité du Bataclan « d'origine algérienne ».


L’association dénonce le « deux poids deux mesures » dont pâtissent, selon elle, les « héros » issus des minorités ayant fait preuve de bravoure lors d’attentats, au moment où la France rend hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, puis du magasin Hyper Cacher deux jours plus tard.


« Ce n’est pas normal. Seuls 1 % des personnes qui reçoivent la Légion d’honneur est issu des minorités. Et pour les actes de bravoure lors des attentats, aucun n’est d’origine maghrébine et africaine. Il y a un blocage », affirme Thiaba Bruni.


Plusieurs civils, qui sont intervenus lors de récents attentats en France, ont été décorés de la Légion d’honneur dans les mois qui ont suivi, comme Damien Myna, qui avait tenté de plaquer au sol Chérif Chekatt lors de l’attentat contre le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018 et nommé chevalier en octobre 2019.


Pour avoir jeté son scooter contre le camion-bélier du djihadiste lors de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016, ou pour s’être agrippé à sa portière, Franck Terrier et Alexandre Niguès ont fait partie en janvier 2017 d’une promotion spéciale de la Légion d’honneur décernée à cinq personnes.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.