Disparition du journaliste Khaled Melhaa, atteint d’Alzheimer

 Disparition du journaliste Khaled Melhaa, atteint d’Alzheimer

Khaled Melhaa


Trois semaines qu'il n'a plus donné signe de vie. Depuis le 31 juillet, Khaled Melhaa, atteint de la maladie de l'Alzheimer, a disparu. Cet algérien de 64 ans, ancien journaliste a quitté son domicile de Chozeau dans l'Isère vers 20h et depuis il n’est pas rentré.


"Nous vivons un enfer. Je vous supplie de faire passer la photo de mon frère", a demandé Cathy Melhaa, sa sœur aînée sur les réseaux sociaux. 


"Il habitait près de chez nous et ses enfants allaient à la même école que ma fille. Triste d’apprendre qu’il est atteint d'alzheimer, lui qui débordait de vitalité et d’idées", s'est émue sa voisine Delphine.


Dans les années 1980, Khaled Melhaa a été un des membres fondateurs de « Radio Beur » (devenu « Beur FM »), puis le premier correspondant du quotidien algérien El Watan à Paris.


"J’ai connu Khaled lorsqu’il travaillait au journal Le Monde, à la fin des années 1970. Ensemble, tout au long des années 1980, nous avons combattu contre le racisme et pour l’égalité des droits, en participant aux différences marches organisées par des jeunes issus des immigrations maghrébines" a écrit l'historien Benjamin Stora. 


"Il a été à l’origine de la révélation de l’affaire « Malik Oussekine », ce jeune tué à Paris lors des manifestation étudiante de 1986, en constituant avec le frère de Malik un comité pour la justice et la vérité sur cette affaire", a continué Stora.


Khaled Melhaa a également réalisé plusieurs documentaires pour ARTE ou Canal + dans les années 2000.


Les gendarmes ont lancé un appel à témoins. Khaled Melhaa est chauve. Au moment de sa disparition, il portait une casquette, un blouson bleu marine, un bermuda marron et deux baskets différentes.


Les témoins sont invités à prendre contact avec la brigade de Crémieu au 04 74 90 40 17.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.