Saint-Ouen / L’ancienne maire-adjointe Hayat Dhalfa est décédée

 Saint-Ouen / L’ancienne maire-adjointe Hayat Dhalfa est décédée

L’ancienne maire-adjointe de la ville de Saint-Ouen (93) Hayat Dalfat


Conseillère municipale d'opposition à Saint-Ouen (93) et ancienne maire-adjointe à la culture de cette banlieue parisienne entre 2008 et 2014, Hayat Dhalfa n'était pas connue du grand public mais c'est une grande dame qui s'en est allée.


L'ancienne candidate Front de gauche aux élections législatives de 2012 dans la première circonscription de Seine-Saint-Denis s'est éteinte ce samedi 17 mars après avoir lutté pendant plus d'un an contre la maladie. Née au Maroc, arrivée bébé en France, Hayat était une militante infatigable. Véritable femme de gauche, elle était toujours du côté des opprimés. 


Depuis la nouvelle de sa mort, les témoignages pour lui rendre hommage se sont multipliés sur les réseaux sociaux. D'abord ceux de ses amis. Jean a écrit : "C'est injuste. Hayat avait tant de richesses, de réserves d'énergie, de volonté de tout changer. Nos chemins se sont croisés et estimés depuis longtemps. Tu vis dans nos cœurs et notre esprit, grande militante de l'humain". 


Nadia : "Chienne de vie… chienne de mort".


Les responsables politiques locaux ont aussi tenu à saluer sa mémoire. 


Sur Twitter, Eric Coquerel, député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis, a été peiné par le décès de "sa camarade et amie Hayat". "Depuis 2002, nous militions ensemble. Sans la longue maladie qui la fragilisait depuis longtemps, c'est elle, j'en suis sûr, qui serait devenue députée du 93-1. C'était une belle personne et une grande militante politique", a-t-il ajouté. 


L'ancienne maire communiste de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon, a été également très touchée par la disparition de son ancienne collaboratrice.  Sur sa page facebook, elle a publié un long message. 


"Depuis hier avec cette si dure nouvelle du décès d'Hayat, je ne cesse de penser à elle. Hayat, c'est toute une période de travail et d'engagements à Saint-Ouen, où elle a occupé une place prépondérante. Hayat, c'est la finesse et l'intelligence qui donnaient du recul si précieux et nécessaire, à la pression du quotidien. Hayat, c'est la passion de la culture, son intérêt constant pour la vie et les agents des équipements publics de la culture. Hayat, ce sont des convictions républicaines et anticapitalistes inébranlables et comme nous tous, en tension avec la gestion concrète et le manque de moyens. Hayat c'est un humour constant inattendu et qui m'a permis souvent de déstresser. Hayat c'est une loyauté sans faille et de grands moments d'amitié et de détente. Hayat a réussi à repousser la maladie pendant des années, nous avions un autre espoir, aujourd'hui je pense à sa famille, sa maman et ses plus proches. Hayat faisait partie de la vie audonienne et comme d'autres déjà partis trop tôt la ville rayonne de leurs actions. Nous ne l'oublions pas". 


Ce mardi 20 mars, Hayat Dhalfa aurait eu 45 ans.


Nadir Dendoune


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.