Trophée des champions. Les clubs palestiniens demandent au PSG et au FC Nantes de ne pas jouer en Israël

 Trophée des champions. Les clubs palestiniens demandent au PSG et au FC Nantes de ne pas jouer en Israël

Des joueurs de football palestiniens amputés, lors d’un entraînement organisé par la Croix-Rouge dans la ville de Gaza, le 2 décembre 2021. Près de 50 000 Palestiniens sont classés comme « handicapés » parmi les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza. Ce nombre augmente en raison des fréquentes attaques militaires d’Israël sur l’enclave côtière. MAJDI FATHI / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Le Trophée des champions qui opposera le PSG, champion de Ligue 1, au FC Nantes, vainqueur de la Coupe de France, aura lieu le 31 juillet à Tel-Aviv, en Israël, comme en 2021.

 

Ce n’est pas la première fois qu’un tel match se tient à l’étranger. Des pays comme le Canada, mais aussi les États-Unis, la Chine, le Maroc ou encore la Tunisie, avaient déjà accueilli le Trophée des champions.

Mais la décision de la Ligue de football professionnel (LFP) de faire jouer de nouveau cette rencontre à Tel Aviv ne passe toujours pas chez certains militants, mais aussi chez les clubs de football palestiniens qui ont décidé d’écrire aux dirigeants du PSG et de ceux du FC Nantes pour les dissuader d’aller jouer en « Israël de l’apartheid ».

Dans cette lettre émouvante, les clubs »de la Cisjordanie palestinienne occupée » et de « Gaza assiégée », comme ils ont décidé de se nommer, détaillent les raisons de leur appel au boycott.

« Nos joueurs sont visés par des tirs et tués par des soldats israéliens, notamment Saïd Odeh, 16 ans, Mohammad Ghneim, 19 ans, Thaer Yazouri, 18 ans et Zaïd Ghneim, 14 ans, rien que l’année dernière.

Les carrières de nos athlètes s’arrêtent lorsqu’ils sont mutilés par des soldats israéliens, comme c’est le cas de Mohammed Khalil de Gaza, âgé de 23 ans, qui a été blessé aux deux genoux. Gaza a plusieurs équipes formées d’amputés qui ont perdu des membres sous les balles de snipers dans les attaques militaires israéliennes. Nos stades sont détruits par les bombes israéliennes.

Nos joueurs sont arrêtés et emprisonnés dans les prisons israéliennes, sans accusation. Des soldats israéliens armés attaquent nos terrains à coups de grenades lacrymogènes pendant des matches, même ceux des équipes junior. Israël empêche l’importation de nos équipements de sport », écrivent-ils. 

Les dirigeants des clubs palestiniens dénoncent aussi le « sportwashing » pratiqué par l’Etat d’Israël. « Israël, tout comme d’autres régimes oppresseurs, propose ces matches amicaux et invite des équipes pour des entraînements de Coupe du monde parce qu’il sait que ce sont des opportunités en or de blanchir son régime d’apartheid par le sport », expliquent-ils. 

« Nos collègues joueurs qui ont été tués, mutilés, arrêtés et qui se sont vus privés du droit de jouer par Israël sont toujours dans nos cœurs. C’est pour eux et pour les jeunes Palestiniens qui continuent à rêver, que nous ne pouvons et ne resterons pas silencieux », continuent-il, rappelant qu’il n’y a absolument rien « d’amical dans le meurtre de jeunes footballeurs et l’oppression de millions de personnes par Israël ». Avant d’implorer : « S’il vous plaît, ne jouez pas en Israël de l’apartheid ». 

 

>> A lire aussi : Shireen Abu Akleh a été tuée par l’armée israélienne selon l’ONU

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.