Intoxication alimentaire à bord d’un vol d’Air Algérie

 Intoxication alimentaire à bord d’un vol d’Air Algérie

Inès Anane. Photo : DR

Le 06 avril, Ines Anane, artiste franco-algérienne de 32 ans, est dans un avion d’Air Algérie, en provenance d’Alger pour Paris, où elle réside. Une fois chez elle, elle ressent des douleurs abdominales. Comme elle, plusieurs personnes ayant voyagé le 6 et le 7 avril avec la compagnie aérienne algérienne, se disent victimes d’intoxication alimentaire, nécessitant pour certains une hospitalisation. « J’ai failli mourir », lâche Inès ce vendredi 12 avril, quelques instants après sa sortie de l’hôpital de Senlis. Malgré nos tentatives, nous n’avons pu joindre les responsables d’Air Algérie.  

 

Le Courrier de l’Atlas : Que faisiez-vous à Alger ? 

Inès Anane : Depuis quelques années, je fais des aller-retours entre Paris et Alger où je travaille sur des projets artistiques. Cette fois-ci, le 2 avril, j’ai quitté Paris parce que je trouvais important d’être avec mes frères algériens.  Je voulais être à leurs côtés pour manifester pour le changement.

Le 6 avril, vous embarquez donc dans un vol d’Air Algérie….

Oui. Comme d’habitude, une fois dans les airs, on nous a servi des plateaux repas. J’ai blagué en regardant la dinde et j’ai dis à ma voisine « Putain Air Algérie ils servent de la dinde, ils sont encore en retard, c’est pourtant pas Noël !». J’étais loin d’imaginer la suite….

Que s’est-il passé donc ? 

Je n’avais pas beaucoup faim, j’ai donc mangé qu’une bouchée de cette viande. Que se serait-il passé si j’en avais avalé plus ?

C’est en rentrant que vous avez ressenti des douleurs ? 

Oui. Une fois à la maison, j’ai eu très mal au ventre.  Je ne me suis pas inquiétée sur le coup. J’ai pensé que ça allait passer. La première nuit a été horrible.

Vous ne décidez pas pourtant d’aller à l’hôpital le lendemain ? 

Je me dis encore une fois que c’est passager. J’ai eu tort. J’ai commencé ensuite à vomir, à avoir de la fièvre, beaucoup de fièvre, jusqu’à 40 degrés. La deuxième nuit a été encore plus dure. J’avais des douleurs atroces, des contractions horribles…C’est un miracle que je n’ai pas convulsé.  Le lendemain, on m’emmenait à l’hôpital de Senlis. J’y suis restée une semaine.

Comment pouvez-vous êtes certaine que la viande servie par Air Algérie est responsable de votre intoxication ? 

Ce sont les médecins de l’hôpital de Senlis qui ont fait ce diagnostic ! Et puis, après avoir lancé un appel sur les réseaux sociaux, quatre personnes ayant voyagé avec Air Algérie le 6 et le 7 avril ont pris contact avec moi. Elles aussi ont été victimes d’intoxication alimentaires. D’ailleurs, nous avons décidé tous les cinq de mener une action en justice. J’espère qu’il y aura un procès. C’est trop grave pour ne rien faire : je rappelle que j’ai failli mourir.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.