Visite des ministres : les cartables des écoliers fouillés à Mantes-la-Jolie, pas à Paris

 Visite des ministres : les cartables des écoliers fouillés à Mantes-la-Jolie, pas à Paris

Fouille des cartables des écoliers à Mantes-la-Jolie


 


Lors d'une visite effectuée par plusieurs ministres à l'école Claude Monet de Mantes-la-Jolie (78), les cartables des écoliers ont été fouillés à l'entrée par des officiers en civil (Voir vidéo ici).


 


 


Jeudi 14 avril, vers 8h, Manuel Valls et un parterre de ministres (Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine, Emmanuelle Cosse, Laurence Rossignol, Ségolène Neuville) débarquent à l'école Claude Monet de Mantes-la-Jolie (78), classée en Rep plus, située en plein coeur du quartier du Val Fourré.  


 


Ils choisissent une autre porte, pour éviter la cinquantaine de personnes, venues montrer pacifiquement leur désaccord à la politique du gouvernement, principalement des syndiqués CGT et FO, massés devant l'entrée principale. Il y a aussi un impressionnant dispositif de sécurité : plusieurs compagnies de CRS, des policiers en civil, quelques membres des renseignements généraux qui quadrillent le secteur. Des officiers en civil ont été chargés de fouiller les cartables des écoliers.


 


"Ni les parents, ni la direction de l'école ou les professeurs n'ont été mis au courant qu'il y allait avoir ce type de contrôle", s'insurge un instituteur. "Pourtant, la direction de l'école a été mise au courant de la visite ministérielle assez tôt, "dès lundi" (NDLR le 11 avril), précise l'enseignant.  


 


 


Fouilles en banlieue, pas à Paris


 


En ce matin ensoleillé d'avril, les parents disent donc au revoir à leurs enfants et ce n'est qu'un peu plus loin que leurs progénitures sont fouillées par les policiers. "J'aurais aimé qu'on me le dise avant. J'aurais pu parler avec ma fille, la préparer un peu", souffle dépitée une maman. "Mon fils a 6 ans. On l'a fouillé comme si c'était un terroriste", peste un papa. 


"On est en plein état d'urgence. Les cartables sont fouillés pour des raisons de sécurité", justifie l'un des policiers à une maman inquiète. 


L’auteur de ces lignes, seul journaliste présent sur les lieux (les autres collègues sont en compagnie des ministres), filme la scène. Une vidéo qui, postée sur la page Facebook du Courrier de l’Atlas, fera le buzz et déliera les langues. On apprend alors que « les raisons de sécurité » évoquées plus haut par le fonctionnaire de police semblent être à géométrie variable. Elles semblent être différentes quand les visites des ministres ont lieu en banlieue ou à Paris intra-muros. 



Après les attentats du 13 novembre, les ministres sont allés dans des écoles parisienne. Le 16 novembre 2015, trois jours donc après les terribles attaques sur Paris, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale, se rendent à l'école Parmentier, située à proximité de la Place de la République. "Mes deux filles ou les enfants des parents que je connais n'ont pas été fouillés", affirme une maman. "D'ailleurs, si ça avait été le cas, croyez moi, on aurait protesté", précise-t-elle. 



Même constat au collège Matisse de Paris où le 9 décembre 2015, Najat Vallaud-Belkacem était venue parler laïcité. "Aucun fouille particulière des élèves n'a été effectuée pour la venue de la ministre de l'Education" atteste une enseignante.  



Joint au téléphone, le cabinet du Premier ministre renvoie à la Préfecture des Yvelines : « c’est elle qui s’est occupée de la sécurité à Mantes-La-Jolie », précise le service de presse.


 


Nous attendons toujours les précisions de la préfecture des Yvelines.


 


Nadir Dendoune


 


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.