Le coup de filet contre les extrémistes juifs continue

 Le coup de filet contre les extrémistes juifs continue

ISRAEL


 


En moins de 48 heures et une semaine après une série d’attaques terroristes, un deuxième extrémiste juif a été arrêté par l'armée israélienne. Soumis à de fortes pressions après la mort de trois jeunes Palestiniens, dont un bébé de 18 mois brûlé vif dans l'incendie d'une maison et une attaque au couteau contre la Gay Pride de Jérusalem qui a coûté la vie à une adolescente, le gouvernement israélien semble mettre en pratique les mesures punitives promises contre les extrémistes juifs.


 


Vingt-quatre heures après l’arrestation de Meïr Ettinger, le service de sécurité intérieure israélien a annoncé avoir procédé à une deuxième interpellation ce mardi 4 août, arrêtant Eviatar Slonim « pour appartenance à une organisation extrémiste ». Le quotidien Haaretz affirme que l’homme avait déjà été arrêté en novembre, après avoir été soupçonné d’avoir mis le feu à une maison palestinienne au sud d’Hebron. Il avait été libéré sans être poursuivi mais faisait l’objet d’une interdiction d’entrée en Cisjordanie et à Jérusalem.



Il est soupçonné d’appartenir au même groupe extrémiste que Meïr Ettinger. Ce dernier, petit-fils du rabbin Meïr Kahane, fondateur du mouvement raciste anti-Arabes Kach et assassiné en 1990 à New York, faisait ces dernières années l’objet d’une surveillance particulière du service de sécurité intérieure.


Surtout, pour la première fois depuis des années, les autorités israéliennes ont appliqué la « détention administrative », une pratique qui permet d’interpeller quelqu’un sans avoir au préalable eu recours à une décision de justice, sur des ressortissants israéliens. Une pratique que connaissent très, très bien les Palestiniens qui croupissent depuis de nombreuses années dans les geôles israéliennes en attendant leur procès. 



Un troisième individu, Mordechai Meyer, un habitant d’une colonie en Cisjordanie, a également été arrêté et accusé « d’implication dans des activités violentes et dans des attaques terroristes récentes commises par un groupe terroriste juif », selon le ministère de l’Intérieur. Les trois hommes pourront être retenus pour des périodes de six mois renouvelables, sans inculpation ni jugement, comme le prévoit donc la détention administrative. 


Le gouvernement a justifié de l’usage de cette mesure si les preuves accumulées contre les suspects ne sont pas suffisantes pour une procédure judiciaire normale ou s’ils refusent de parler durant les interrogatoires. Il souligne aussi la nécessité de prévenir de nouveaux cas de violence.



Mais pour l’instant, comme le souligne la presse israélienne, tous les suspects arrêtés ne sont pas directement mis en cause pour les attaques survenues la semaine dernière. Concernant Meïr Ettinger, le plus médiatique des suspects, la presse le lie tantôt à un autre incendie criminel, le 18 juin contre l’église de la Multiplication des pains, un haut lieu du christianisme dans le nord d’Israël, tantôt à un projet d’attentats antipalestiniens en 2014.





Le premier ministre Benyamin Netanyahou a répété ce mardi 4 août qu’il appliquera la loi dans toute sa rigueur contre les extrémistes juifs. Il n'a pourtant pas prévu de détruire les maisons des "terroristes israéliens" comme le fait régulièrement l'armée israélienne quand il s'agit de "terroristes palestiniens"… À suivre …


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.