Un maire d’arrondissement FN interdit l’usage d’une langue autre que le français

 Un maire d’arrondissement FN interdit l’usage d’une langue autre que le français

Stéphane Ravier maire du 7e secteur de Marseille. CITIZENSIDE/MICHEL STOUPAK / CITIZENSIDE.COM / AFP


 


Le Front national n'a pas changé ! Stéphane Ravier, le maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissement) a envoyé ce jeudi 18 juin une circulaire à ses agents dans laquelle il interdit l'usage d'une langue autre que le français, a révélé nos confrères de Mediapart. Elle a été reçue par les responsables de 23 centres d'animation.


 


Dans son texte, Stéphane Ravier, élu aux dernières municipales, rappelle que "la langue de la République est le français", conformément à l'article 2 de la Constitution. "En conséquence, est interdit l'usage d'une langue autre que le français par les agents en service, notamment dans les centres sociaux ou d'animation", écrit-il. Seule exception: dans le cas où les interlocuteurs ne parleraient pas le français. Autrement dit, les agents n'ont pas le droit de parler entre eux, ou avec des administrés une autre langue que le français. 


Stéphane Ravier justifie sa circulaire par "des plaintes de personnes se sentant exclues ou discriminées." Mais selon Mediapart, l'administration du 13e et 14e arrondissement n'a jamais enregistré de telles plaintes. Le site rappelle également que si le français est la langue des services publics, la loi n'interdit pas aux agents de parler une langue étrangère entre eux. "Va-t-il falloir poser des micros partout?", s'interroge un fonctionnaire marseillais, cité par Mediapart. 


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.