L’avocate Gisèle Halimi est décédée

 L’avocate Gisèle Halimi est décédée

Gisèle Halimi, avocate et figure du féminisme est décédée ce 28 juillet 2020, à 93 ans. Jack GUEZ / AFP

Une grande dame s’en est allée. L’avocate et ancienne députée Gisèle Halimi, qui a défendu des militants FLN pendant la guerre d’Algérie, s’est battue pour le droit à l’avortement et la criminalisation du viol, est morte ce 28 juillet, à Paris, à l’âge de 93 ans.

 

« Elle s’est éteinte dans la sérénité, à Paris« , a déclaré à l’AFP l’un de ses trois fils, Emmanuel Faux, estimant que sa mère avait eu « une belle vie« .

Née en 1927, dans le quartier de La Goulette à Tunis, Gisèle Halimi née Taïeb Zeiza, est à l’origine du mouvement féministe « Choisir la cause des femmes ».

Grâce à son travail d’avocate, Gisèle Halimi a également contribué à la reconnaissance par la justice du viol comme un crime. Gisèle Halimi est venue au monde en Tunisie, avec « la malédiction d’être et de naître fille« , rejetée par une mère qui idolâtre ses garçons.

Elevée au sein d’une famille juive traditionaliste, elle comprend très vite que l’école sera sa porte de sortie. A 16 ans, elle refuse un mariage arrangé et adhère au marxisme.

Poursuivant à Paris de brillantes études de droit, elle revient à Tunis pour y remporter le tournoi d’éloquence des jeunes avocats.

Elle met son talent d’oratrice au service des droits des femmes. Mais aussi de la décolonisation, de fellaghas algériens et de militants du FLN torturés.

En 1953, elle s’évanouit dans le prétoire, victime d’une hémorragie, consécutive à un avortement clandestin. Plus tard, elle signera le Manifeste des 343 femmes ayant avorté.

Quelques années plus tard, au terme d’une manifestation à Alger en faveur de l’Algérie française, Gisèle Halimi est séquestrée par des paras aux cris de « salope », « putain du FLN » et menacée de mort.

Après l’indépendance de l’Algérie, elle échappe à des tueurs de l’OAS.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.