Livres. On a aimé le sixième roman de Faïza Guène

 Livres. On a aimé le sixième roman de Faïza Guène

Sortie du livre « La discrétion » de Faïza Guène, chez Plon jeudi 27 août 2020.

Il y a deux ans, on découvrait un peu en exclusivité les premières pages du livre de la romancière française Faïza Guène et on était pressé de lire la suite. On n’a pas été déçu ! Son sixième roman, « La discrétion » qui sort chez Plon ce jeudi 27 août est sans doute son ouvrage le plus abouti. L’écriture est fluide, le récit à la fois triste et drôle, est prenant, les allers-retours entre le passé et le présent sont bien ficelés. 

 

Depuis seize ans maintenant, et « Kiff Kiff demain », son premier roman à succès publié en 2004, Faïza Guène, 35 ans aujourd’hui, a su rester fidèle à ses principes. Raconter sans caricature le quotidien de familles maghrébines vivant dans les quartiers populaires français.

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« La discrétion » raconte l’histoire des Medouri. Yamina, la maman est née dans une Algérie française, a vécu des tas de drames, puis a célébré l’indépendance, croyant qu’elle vivrait heureuse dans son pays.

Malgré elle, Yamina débarque, comme tant d’autres femmes algériennes, quelques années plus tard en France pour rejoindre son mari Brahim, déjà occupé au turbin en région parisienne. Yamina n’est pas trop heureuse ici en région parisienne au milieu de la grisaille, mais elle fait avec, ne se plaint jamais de rien, subit mêmes les humiliations quotidiennes sans piper mot.

Yamina vit à Aubervilliers dans la discrétion. Elle ne veut pas que ses quatre enfants, trois filles, un fils, grandissent dans la haine. Alors elle ne parle pas de son passé, de ses relations conflictuelles avec la France, de la douleur de son exil.

Pourtant, plus Yamina est silencieuse, plus ses enfants crient. Plus Yamina courbe l’échine, plus ils bombent le torse. Parce que la souffrance même contenue se diffuse.

Avec « La discrétion », Faïza Guène signe le portrait bouleversant d’une  femme et de sa famille, une famille française. Un livre qui rend hommage à cette première génération d’immigrés, et notamment à ces femmes discrètes mais dotées d’un courage exemplaire, éternelles invisibles de notre République. Ce bouquin est aussi un hymne à l’amour familial, au dévouement, à la générosité et à l’humanité…

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.