A Gaza, Nayla Abou Jubbah, première femme chauffeur de taxi 

 A Gaza, Nayla Abou Jubbah, première femme chauffeur de taxi 

Nayla Abou Jubbah au volant de son véhicule taxi, roulant dans la bande de Gaza, le 17 novembre 2020. MAHMUD HAMS / AFP

Les mains vissées sur le volant de sa voiture blanche, Nayla Abou Jubbah, 39 ans, a lancé cette semaine une petite révolution en devenant la première femme chauffeur de taxi de la bande de Gaza.

 

A Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants vivant sous blocus israélien depuis 2007, les femmes ont le droit de conduire, mais la profession de chauffeur de taxi reste masculine.

« Un jour je parlais avec une amie qui travaille comme coiffeuse et je lui ai dit « Qu’est-ce que tu dirais si nous lancions un service de taxi pour les femmes ? Elle a répondu que c’était une idée folle », a raconté à l’AFP Nayla Abou Jubbah, diplômée en travail social et maman de cinq enfants.

« Je n’erre pas dans les rues. Je pars de chez moi et je vais cueillir mes clientes, pour les amener par exemple du salon de coiffure à un mariage », détaille-t-elle.

A la mort de son père, Nayla Abou Jubbah a utilisé l’héritage pour s’acheter une voiture. « Je me suis dit un jour qu’il fallait tirer profit de ce véhicule, faire travailler la voiture, d’où le projet d’un service de taxi entièrement pour les femmes, pour qu’elles soient à l’aise », ajoute-t-elle.

Nayla Abou Jubbah espère voir bientôt d’autres taxis pour femmes sur les routes de Gaza. Elle assure vouloir faire croître sa flotte : « Une femme m’a appelée récemment pour me dire qu’elle voulait travailler comme chauffeuse de taxi à mes côtés. Je lui ai dit qu’on se reparlerait mais j’ai déjà le sentiment que le projet va prendre de l’ampleur », conclut la jeune femme.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.