Covid-19. Karim Ladjal gérant de salles de sport va porter plainte contre trois ministres 

 Covid-19. Karim Ladjal gérant de salles de sport va porter plainte contre trois ministres 

Karim Ladjal gérant de salles de sport va porter plainte Jean Castex, Olivier Véran et la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Photo : DR

Alors que les commerces dits « non essentiels » ont ouvert le 28 novembre, les salles de sport devront attendre la troisième phase du déconfinement qui débutera au mieux le 20 janvier. A cette date seulement, ces activités pourront reprendre si les objectifs sanitaires sont atteints. Le secteur des salles de fitness est loin d’être économiquement négligeable. Il représente presque 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an en France et pas moins de 35.000 emplois. 6 à 7 millions de Français fréquentent une salle de sport.

 

Karim Ladjal gère onze « Fitness Park » à travers la France. Très en colère contre les mesures gouvernementales, aux « conséquences économiques désastreuses », il a décidé de porter plainte contre trois ministres.

LCDL : Vous allez l’intention de porter plainte contre trois ministres…

Karim Ladjal : Effectivement. Avec mon associé, nous allons porter plainte contre Jean Castex, Olivier Véran et la ministre des Sports Roxana Maracineanu.  Parce que toutes nos entreprises sont menacées de disparaitre ! Entre mi-septembre et fin octobre, c’est la période où les clients s’abonnent le plus.

500 salles ont déjà mis la clef sous la porte et au final, 30% des clubs ne vont pas survivre à ce deuxième confinement.  Et ce n’est pas avec les aides minimes du gouvernement que nous allons pouvoir faire face à cette crise.

Mais il y a aussi un danger pour nos employés. Doit-on rappeler que beaucoup d’entre eux tombent en dépression ? Le gouvernement a décidé de fermer nos salles de fitness de manière arbitraire alors que les métros et les centres commerciaux sont pleins à craquer ! C’est incompréhensible ! Doit-on rappeler que nos salles de fitness ne sont pas à l’origine de foyers de contamination. C’est tellement injuste.

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Karim Ladjal, vous aviez mis en place toute une série de mesures…

Oui et on était prêt à aller encore plus loin ! On était prêt à durcir les conditions d’accueil qui sont déjà drastiques dans les salles de fitness. On avait installé des parois en plexiglas entre les machines, nos salles étaient remplies de distributeurs de gels, de masques, on avait mis en place un sens de circulation au sol pour éviter que les gens se croisent, les vestiaires étaient fermés, etc.

Toutes ces mesures que nous avons financées nous-mêmes pour rien…

Pour justifier les interdictions, le gouvernement s’est appuyé sur une étude américaine datant de mars 2020. Le problème, c’est que les Etats-Unis n’avaient pas de protocole sanitaire à cette période !

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Le gouvernement annonce une possible ouverture le 20 janvier prochain.

Je n’y crois pas. La majorité des gens ne respecte pas les mesures sanitaires et la contamination est repartie à la hausse. Pendant les fêtes de Noël, je crains le pire. Mais ce qui me fait peur, c’est l’après Covid. Je m’inquiète de l’image dégradée des salles de sport dans l’esprit des Français, le gouvernement a répété que nos endroits sont des lieux de propagation du virus. Ce qui est faux.

Et puis, quand les gens reprendront une vie normale, nous, on aura toujours cette épée de Damoclès, en se disant que nos salles de fitness peuvent fermer du jour au lendemain. Cela va être donc de plus en plus difficile d’aller négocier devant les banques.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.