La justice valide la construction d’une école musulmane contre l’avis du maire et du préfet

 La justice valide la construction d’une école musulmane contre l’avis du maire et du préfet

Illustration – Ecole musulmane en France. NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le tribunal administratif de Grenoble a autorisé mardi 6 avril la construction d’une école privée musulmane dans la ville d’Albertville en Savoie, contre l’avis du préfet et du maire. Pour Frédéric Burnier-Framboret, ce projet pourrait mettre en péril les écoles de la commune et favoriser le communautarisme.

 

Mardi 6 avril, le tribunal administratif de Grenoble a obligé le maire d’Albertville à autoriser la construction d’une école primaire privée musulmane à l’initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie.

Cette décision annule le refus du permis de construire qui avait été déposé en 2019 par l’association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d’environ 20.000 habitants. Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n’étaient pas recevables. Il donne deux mois à cette dernière pour délivrer le permis de construire.

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Dans une tribune publiée vendredi 9 avril par Le Figaro, le maire Frédéric Burnier-Framboret, regrette vivement cette décision, dont il pense faire appel. Il se dit « démuni » pour « contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires ».

Le recours au Code de l’urbanisme était « le seul moyen législatif » à sa disposition pour s’opposer à la construction de cette école, a-t-il fait valoir auprès de l’AFP.

Avec le projet d’accueillir 400 élèves, l’établissement serait « de nature à mettre en péril les classes, voire les écoles » d’Albertville, qui en accueillent aujourd’hui environ 1.200.

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Un projet de moindre envergure « aurait pu être discuté » mais l’édile dit avoir reçu « une fin de non-recevoir » de la CIMG. Cette association est aussi à l’origine d’un projet de mosquée à Strasbourg, pour laquelle la municipalité écologiste a voté le 22 mars le « principe » d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros, s’attirant de très vives critiques du gouvernement.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé « une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.