Il y a 13 ans, disparaissait le poète palestinien Mahmoud Darwich

 Il y a 13 ans, disparaissait le poète palestinien Mahmoud Darwich

Le poète et journaliste palestinien Mahmoud Darwich lors de son spectacle dans la ville d’Haïfa, dans le nord d’Israël, le 15 juillet 2007. GIL COHEN MAGEN / POOL / AFP

Le 9 août 2008, le Palestinien Mahmoud Darwich, l’un des principaux poètes arabes de sa génération mourrait à l’âge de 67 ans dans un hôpital d’Houston aux Etats-Unis où il venait de subir une troisième opération du cœur. A l’annonce de sa disparition, une vive émotion gagna toute la Palestine, où trois jours de deuil national sont alors décrétés.

 

Mahmoud Darwich nait en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, en Palestine sous mandat britannique, un village aujourd’hui situé dans l’état d’Israël.

En 1948, pendant la guerre israélo-arabe, Al-Birweh est rasé par les milices sionistes et ses habitants sont forcés à l’exil. La famille Darwich s’enfuit alors au Liban, où elle reste un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle s’installe à Deir Al-Assada, une ville arabe israélienne.

Après ses études (en arabe et en hébreu) dans des école arabes israéliennes, Mahmoud Darwich s’installe à Haïfa. Il devient une légende à 23 ans en offrant au monde un poème éblouissant «Inscrit! Je suis Arabe». Un texte qui redonne une fierté à tout le peuple arabe, et notamment aux Palestiniens.

Début des années 1970, Mahmoud Darwich part à Moscou étudier l’économie politique puis se rend au Caire en 1971. A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejoignant l’organisation alors en guerre avec Israël.

Après la guerre israélienne au Liban durant l’été 1982, qui a forcé la direction de l’OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l’exi : de nouveau Le Caire, Tunis puis Paris.

Il est la voix de Yasser Arafat, lui écrit maints de ses discours. Il accepte à reculons d’entrer dans le gouvernement palestinien où il y restera cinq ans. En 1993, grand visionnaire, il démissionne de l’OLP pour protester contre les accords d’Oslo, estimant qu’ils n’apporteront pas une «paix juste» aux Palestiniens.

Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l’avènement de l’Autorité palestinienne, avant de s’installer définitivement à Ramallah, en Cisjordanie. Il est condamné par la justice israélienne à plusieurs reprises à cause de ses écrits et de ses activités politiques.

Mahmoud Darwich était capable de remplir un stade pour réciter ses poèmes et ne pouvait sortir de chez lui sans déclencher un bain de foule. 13 ans après sa mort, il est régulièrement célébré et pas seulement dans le monde arabe.

Le 07 octobre 2007, Mahmoud Darwich offrait au Théâtre de l’Odéon (Odéon – Théâtre de l’Europe) à Paris, une lecture en arabe d’extraits de sa poésie. Ecouter ici son poème “Rien que la lumière”, traduit en français par Elias Sanbar et lu par Didier Sandre :

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.