L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri transféré vers une prison de haute sécurité

 L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri transféré vers une prison de haute sécurité

Le Franco-Palestinien Salah Hamouri, avocat au sein de Addameer, une association palestinienne de soutien aux prisonniers et de défense des droits humains, dans les bureaux de l’ONG à Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2020. ABBAS MOMANI / AFP

Où s’arrêteront les autorités israéliennes ? Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, incarcéré arbitrairement à de nombreuses reprises en Israël (voir nos éditions), a été transféré ce mardi 26 juillet d’Ofer (près de Ramallah), où il croupissait depuis le 7 mars 2022, vers une prison de haute sécurité à Hadarim (au nord de Tel-Aviv) a-t-on appris ce mercredi par son comité de soutien.

Une mauvaise nouvelle pour Salah Hamouri et ses proches, la prison d’Hadarim étant destiné aux individus les plus dangereux. « Ils sont donc plus surveillés et il y a plus de contraintes pour les prisonniers », confirme, dépitée, sa femme Elsa Lefort. Pour elle, ce transfert est « une mesure punitive » suite à la publication de la lettre de son mari adressée à Emmanuel Macron, le 14 juillet.

Dans ce courrier, l’avocat franco-palestinien demandait au président français de « faire pression » sur Israël pour exiger sa libération.

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« Aujourd’hui, je me sens, en toute franchise, citoyen français de quatrième ou cinquième classe, alors que la France tolère et autorise cet État occupant à prolonger ma détention sans inculpation et sans procès», affirmait alors Salah Hamouri dans cette lettre. Il espérait ainsi que la France ferait preuve d’« un peu de courage pour faire pression sur l’État occupant afin d’exiger ma libération », dénonçant au passage un « deux-poids, deux-mesures » entre la défense des Ukrainiens et des Palestiniens.

Autre élément d’inquiétude pour les proches de Salah Hamouri à quelques mois du passage du Franco-Palestinien devant un juge israélien pour statuer sur sa résidence jérusalémite.

« Le fait que mon mari soit désormais un détenu de haute sécurité alors qu’il n’est nullement dangereux alourdit de fait son dossier. Cela peut donc peser de manière négative dans la décision du juge », s’alarme Elsa Lefort.

En octobre 2021, le ministère israélien de l’Intérieur israélien avait annoncé la révocation du statut de résident permanent de Salah Hamouri de Jérusalem, ville où il est né et où il a toujours vécu.

Salah Hamouri a fait appel de cette décision et l’audience est prévue en février 2023.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.