Prisons : canicule, surpopulation, un été sous haute tension ?

Légende : Vue d’une cour destinée à la promenade des détenus dans la maison d’arrêt de Nanterre, lors d’un épisode de forte chaleur. Photo : Thomas Coex / AFP Pool / AFP.
La canicule, combinée à la promiscuité, pourrait entraîner des violences. La vague de chaleur qui touche actuellement la France met en lumière les lacunes des prisons hexagonales.
« Nos établissements, en période de canicule, deviennent des cocottes-minute », avertissait hier (27 mai) le secrétaire général de FO-Direction, Sébastien Nicolas. Ces dernières années, avec la récurrence des épisodes de fortes chaleurs, la vétusté des établissements pénitentiaires accentue l’impact de la chaleur, comme en a témoigné le représentant syndical des directeurs de prison de Force ouvrière : « [J’ai vu] des cellules où il faisait 34-35 °C, parce qu’[elles] étaient au soleil et au dernier étage d’un établissement un peu vétuste. »
Mais au-delà de la vétusté, le véritable problème reste la surpopulation, qui engendre d’autres difficultés : « Il y a beaucoup plus de détenus qu’il ne devrait y en avoir ; plus de 88 000 détenus hébergés pour 63 000 places […] Cette promiscuité, ajoutée à la chaleur, génère de la violence. »
Surpopulation
Le 27 avril, le syndicat des surveillants de prison Ufap-Unsa Justice appelait à bloquer l’ensemble des établissements pénitentiaires afin d’alerter sur la surpopulation carcérale, les 5 000 postes vacants, tous corps confondus, et l’insécurité grandissante. Le syndicat décrivait alors une surpopulation pénale devenue incontrôlable et regrettait l’immobilisme du gouvernement sur la question : « On promet de “gérer” la surpopulation, mais on ne fait que repousser le mur de quelques centimètres, en espérant que personne ne regarde les fissures. »
Porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, le projet de loi SURE (Sanction utile, rapide et effective) doit introduire dans le code pénitentiaire, via son article 7, une interdiction de poser des matelas au sol. Une initiative jugée insuffisante par le syndicat.
Solution ponctuelle
L’été dernier, lors d’un épisode de canicule, les observations de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, étaient déjà très préoccupantes. Elle décrivait quelques ventilateurs brassant de l’air chaud, des détenus suspendant des draps mouillés aux fenêtres pour tenter de récupérer un peu de fraîcheur, tandis que la climatisation était inexistante. « J’ai visité des cellules où il faisait 50 degrés », alertait la CGLPL.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait alors activé un « plan canicule » dans les prisons, comprenant notamment un meilleur accès aux douches ainsi que l’installation de brumisateurs dans les cours de promenade. Pour les détenus touchant moins de 40 euros par mois, le dispositif prévoyait également la distribution gratuite de 1,5 litre d’eau. Un plan ponctuel, jugé insuffisant par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.
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