Coup de cœur. Wael Shawky – Drama 1882, une histoire des histoires

 Coup de cœur. Wael Shawky – Drama 1882, une histoire des histoires

Extrait vidéo de Drama 1882 de Wael Shawky. Crédits : Courtesy of the artist and Sfeir-Semler Gallery, Lisson Gallery, Lia Rumma, Barakat Contemporary.

Vous aimez l’Histoire avec un grand H ? Pas forcément celle des versions officielles, consignée par les vainqueurs dans les manuels ? Alors foncez découvrir Drama 1882 de Wael Shawky, l’un des plasticiens égyptiens les plus en vue, dont le travail est actuellement présenté au Louvre-Lens et à la Friche la Belle de Mai. Le point commun de ces projets : interroger l’histoire officielle et en révéler les angles morts.

 

Drama 1882 lui a valu de représenter l’Égypte à la Biennale de Venise en 2024. Dans cette pièce mêlant théâtre, opéra et cinéma, l’artiste revient sur le premier soulèvement égyptien contre la domination britannique : la révolution nationaliste du colonel Ahmed Urabi contre le khédive Tawfik Pacha, qu’il considérait comme un traître.

Le récit prend la forme d’une comédie musicale en huit actes, où faits réels et fiction s’entrelacent dans un décor stylisé. Les protagonistes, en costumes flamboyants, déclament leurs textes avec un sérieux qui contraste avec la théâtralité de leurs gestes chorégraphiques.

Quarante-cinq minutes de pure délectation, en arabe classique sous-titré en français et en anglais, au fil desquelles l’artiste explore les zones d’ombre du passé — notamment un mystérieux incident survenu à l’été 1882.

À Alexandrie, une rixe éclate entre un gardien d’ânes égyptien et un Maltais. Spontanée ou préméditée ? Toujours est-il qu’elle servira de catalyseur au bombardement de la ville par la marine britannique et à l’exil des nationalistes.

Qui écrit l’histoire ? Qui décide du statut de héros, de révolutionnaire ou de fauteur de troubles ? En revisitant la révolte d’Urabi, Wael Shawky interroge la fabrication de la mémoire collective.

Drama 1882 plonge dans les méandres de l’histoire égyptienne, tout en résonnant fortement avec l’actualité du Moyen-Orient. Acclamée à la 60e Biennale de Venise, l’œuvre rappelle une évidence : raconter le passé est déjà un acte de pouvoir.

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📍 Grand Palais – Paris
🎟️ Entrée gratuite
📅 Jusqu’au 26 juillet
🕙 Du mardi au dimanche, de 10h à 19h

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Fadwa Miadi