Affaire du hors-série Frontières : le juge Youssef Badr porte plainte

Tribunal de Bobigny, où le magistrat Youssef Badr a porté plainte après des menaces en lien avec l’affaire Frontières. © Ludovic MARIN / AFP
Un magistrat du tribunal de Bobigny a saisi, samedi, « le service spécialisé en charge d’identifier toutes les personnes » qui le menacent.
« J’irai jusqu’au bout de la procédure contre toutes celles et ceux qui, publiquement ou anonymement, m’ont menacé ou ont relayé des infos erronées », a écrit sur X le juge Youssef Badr.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait auparavant « condamné fermement (…) les attaques racistes et les menaces dont un magistrat de Bobigny fait l’objet sur les réseaux sociaux ».
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« Coupables cachés du chaos migratoire »
Jeudi dernier, une formation collégiale de trois magistrats a condamné Erik Tegnér, le fondateur du média identitaire Frontières, à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.
Dans une enquête publiée en 2025 par Frontières dans un hors-série, les noms, prénoms et villes d’exercice d’avocats spécialisés en droit des étrangers ont été publiés.
Dans ce magazine, ils étaient présentés comme les « coupables cachés du chaos migratoire », tirant profit d’un « business juteux ». Ces avocats ont ensuite été visés par des commentaires haineux sur les réseaux sociaux et des menaces.

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« Se mobiliser »
« Loin de se limiter à une présentation neutre », le journal a usé d’une « rhétorique virulente » en dressant « une liste accusatoire et stigmatisante », a considéré le président du tribunal dans son délibéré.
Erik Tegnér a dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie ». Il a appelé ses soutiens à « se mobiliser », tout en leur demandant de « rester polis ».
« Parce que si, à la fin, on est condamnés, c’est parce qu’il y a toujours deux petits cons qui font des insultes et des menaces de mort, donc ça, faut arrêter », a-t-il dit dans une vidéo.
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