Des réfugiés logés dans l’ancien camp de concentration de Dachau

 Des réfugiés logés dans l’ancien camp de concentration de Dachau

Porte d’entrée de l’ancien camp de concentration de Dachau à Dachau


L'important est-il d'avoir un toit sur la tête? La ville de Dachau, dans le sud-est de l'Allemagne, pense que oui. Elle a décidé de loger les réfugiés dans l'ancien camp de concentration, où sont morts plus de 40000 personnes entre 1939 et 1945. 


Gabriele Hammermann, la directrice du mémorial du camp de concentration de Dachau reconnaît qu'"héberger les réfugiés dans un endroit qui symbolise la torture et la mort" n'est pas un geste très "accueillant".


Le maire de la ville, Florian Hartmann, justifie son choix sur le site du Guardian, le quotidien britannique, en expliquant que "les réfugiés ne peuvent pas avoir des appartements aux tarifs du marché". "Bien sûr, c'est bizarre, mais j'aime mieux ça que voir les gens dans la rue", admet encore le maire de Dachau sur le site allemand Deutschlandradio Kultur. 



Peter Himmelsbach, un jeune commerçant allemand de 28 ans qui visite Dachau pour la toute première fois et interrogé par nos confrères allemands, estime que "la crise des réfugiés, c'est une chance de racheter" la Shoah. Normal que ce choix fasse polémique.


Les réfugiés semblent s'en accommoder. Comme Ashkan, un Afghan de 22 ans, cité dans le Guardian, qui avoue ne pas connaître grand-chose à l'histoire allemande et admet ne pas avoir eu le temps de visiter le camp. "Je voulais juste un toit au-dessus de ma tête", a-t-il lâché.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.