Baccalauréat : l’Éducation nationale n’a pas anticipé la vague de chaleur

Élève se préparant pour une épreuve du baccalauréat, avec une bouteille d’eau posée sur la table, dans un contexte de canicule. © PhiLippe LOPEZ / AFP
Alors que la France s’apprête à vivre une semaine sous une chaleur extrême, les questions se multiplient quant au manque d’anticipation et aux conditions de tenue du baccalauréat.
« Notre priorité est claire : anticiper et protéger (…) Je leur ai demandé d’établir un diagnostic précis des écoles, établissements et centres d’examen les plus exposés », déclarait Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, le 17 juin sur X. Depuis, les prévisions météorologiques se sont encore dégradées.
Pour cette journée du lundi 22 juin, Météo-France a annoncé que 49 départements étaient placés en vigilance rouge canicule. Des conditions qui devraient durer jusqu’en fin de semaine.
Les épreuves du baccalauréat avaient déjà été perturbées la semaine dernière et, cette semaine (22-26 juin), sont prévues les épreuves du Grand Oral pour des milliers de lycéens.
Dans un communiqué (18 juin), le syndicat SNES-FSU s’inquiétait des atermoiements du gouvernement : « le ministère de l’Éducation nationale bricole (…) En 36 heures, le ministre a évoqué la tenue d’épreuves écrites seulement le matin pour les prochaines sessions d’examens, puis la possibilité de reports d’épreuves orales sur décision des autorités locales, sans autres détails ».
Manque d’anticipation
« Au dernier point de situation de ce matin, nous comptons 845 écoles et établissements scolaires fermés pour la journée de ce lundi (…) 1 800 autres aménagent les modalités d’accueil des élèves, notamment en adaptant les horaires. La sécurité des élèves et des personnels guide ces prises de décision », assurait, hier sur X (21 juin), Édouard Geffray.
Le ministre précisait que le gouvernement s’adapterait en fonction des prévisions météorologiques. Une adaptation qui aurait pu être faite dès la rentrée 2025-2026 selon le SNES-FSU : « Dès septembre, le SNES-FSU a demandé un calendrier des examens qui tienne réellement compte des contraintes pédagogiques et matérielles dans un contexte de canicule, en desserrant le calendrier des épreuves ».
Le syndicat expliquait avoir proposé d’avancer de quelques jours les épreuves du baccalauréat et du DNB, propositions qui auraient été refusées par le ministère.
Concertation
« Pour le SNES-FSU, si la priorité est bien la protection de la santé des personnels et des élèves », rappelait le SNES. Le syndicat des enseignants du second degré avait déjà les yeux rivés sur la prochaine année scolaire et espérait pouvoir travailler à l’organisation des examens « sur des bases d’une concertation réelle ».
Par ailleurs, le syndicat invitait également le gouvernement à se projeter et à mettre en place un plan de rénovation thermique du bâti scolaire. Un plan qui montrerait une réelle volonté politique selon le SNES : « Son coût est estimé à 4 à 5 milliards d’euros par an (soit 2 % des aides aux grandes entreprises en 2023) pendant 10 ans ».
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