Bagneux. Mort d’Abdoulaye Diaw en garde à vue : la famille dénonce des négligences graves et réclame justice

 Bagneux. Mort d’Abdoulaye Diaw en garde à vue : la famille dénonce des négligences graves et réclame justice

Photo : JACQUES DEMARTHON / AFP

Encore un drame qui aurait sans doute pu être évité. Abdoulaye Diaw, 34 ans, est décédé le 10 décembre 2024 dans les locaux du commissariat de Bagneux (Hauts-de-Seine), après avoir été interpellé pour des infractions présumées liées aux stupéfiants. Dans un communiqué, sa famille exprime sa colère et son indignation face aux circonstances de sa mort et exige que toute la lumière soit faite sur cette tragédie.

 

Interpellé le 8 décembre dernier, Abdoulaye Diaw avait été victime d’un malaise le lendemain et transporté à l’hôpital d’Antony dans les Hauts de Seine. Les médecins avaient alors estimé son état compatible avec une garde à vue, malgré des signes cliniques graves tels que l’hypertension sévère et la tachycardie.

Toutefois, selon la famille, « les témoignages sont accablants », soulignant que « son visage était tuméfié, qu’il était incapable de s’exprimer et qu’il avait besoin de points de suture ». 

Les proches d’Abdoulaye Diaw déplorent le manque de prise en charge médicale. « Nous refusons d’accepter des excuses à demi-mot ou des justifications administratives. Ce drame n’est pas une simple erreur, mais le résultat d’un enchaînement de manquements graves », souligne la famille dans son communiqué.

Après son retour au commissariat, l’état d’Abdoulaye Diaw a continué à se dégrader. « Nous avons appris qu’il luttait pour respirer, qu’il transpirait abondamment et qu’il souffrait visiblement », explique la famille. « Malgré ces signes évidents, rien n’a été entrepris pour lui porter assistance. »

Le 10 décembre, Abdoulaye Diaw a été saisi d’un second malaise, seul dans sa cellule. Les policiers ont tenté de le réanimer avant l’arrivée des secours, mais il est décédé. « Il est mort dans des conditions intolérables. Seul, abandonné à son sort », dénonce la famille.

Les résultats de l’autopsie ont révélé que le décès était lié à une bronchopneumopathie ayant évolué vers une septicémie généralisée. La famille s’interroge sur la prise en charge de son état de santé : « Comment un homme dans cet état a-t-il pu être abandonné à lui-même ? ».

Elle rappelle que l’avocate d’Abdoulaye Diaw avait, à plusieurs reprises, alerté les autorités sur l’incompatibilité de son état avec son maintien en garde à vue.

La famille a déposé une plainte contre X pour homicide involontaire et violences ayant entraîné la mort, exigeant que les responsables de ce drame soient identifiés. « Abdoulaye n’est pas qu’un nom ou un chiffre sur une longue liste de victimes de bavures policières. Il était un frère, un fils, un ami, un homme avec des droits », déclarent ses proches.

La famille d’Abdoulaye Diaw a aussi fait le lien avec d’autres affaires récentes impliquant des gardes à vue fatales, comme celles de Cédric Chouviat ou Nahel Merzouk, soulignant qu’une véritable révision des pratiques est nécessaire.

« Les responsables doivent être identifiés, les failles mises en lumière, et des réformes concrètes engagées pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise », insiste la famille qui appelle les autorités à faire toute la lumière sur ce drame.

« Abdoulaye mérite mieux que l’oubli. Il mérite justice, respect et dignité. Nous ne lâcherons rien », conclut-elle déterminée.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.