Bagnolet. La plaque en hommage au couple Audin, militants anticolonialistes, vandalisée

 Bagnolet. La plaque en hommage au couple Audin, militants anticolonialistes, vandalisée

La plaque en hommage Maurice et Josette Audin, située dans un parc à Bagnolet a été vandalisée ce lundi 25 janvier 2021. Photo : DR

La plaque en bois située dans un parc à Bagnolet (93) portant les noms de Josette et Maurice Audin qui fut torturé et tué par des soldats français en 1957 en Algérie, ainsi que des éléments de biographie, a été dévissée et remplacée par l’inscription « OAS », l’organisation armée clandestine des ultras de l’Algérie française, ce lundi 25 janvier. Sur un panneau en bois jouxtant la plaque, le nom du couple a été rayé au feutre noir.

 

« A Bagnolet, des nostalgiques des criminels de l’OAS ont souillé le panneau. Honte à ces haineux anonymes pour lesquels la guerre d’Algérie n’est jamais finie », a twitté le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.

>> Lire aussi : Eric Zemmour : “Maurice Audin aurait mérité 12 balles dans la peau”

 

Josette Audin, militante communiste et anticolonialiste, vivait à quelques mètres du parc, qui a été rebaptisé en sa mémoire six mois après son décès en février 2019.

En septembre 2018, Emmanuel Macron lui avait rendu visite pour reconnaître officiellement que le meurtre de son mari avait été « rendu possible » par le « système institué alors en Algérie par la France ».

Dans un communiqué, L’Élysée a qualifié d’« indigne » l’acte de vandalisme commis sur la plaque en hommage au couple de militants communistes Josette et Maurice Audin à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

« Ces actes sont lâches et indignes et n’ont pas de place dans notre République », a condamné l’Elysée.

>> Lire aussi : 

Guerre d’Algérie : Macron reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, torturé par l’armée française

L’assassinat de Maurice Audin

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.