Culture – « Saccharoses », notre livre Coup de Cœur 

 Culture – « Saccharoses », notre livre Coup de Cœur 

« Saccharoses », un livre de Samir, sorti dans la nouvelle collection des éditions JC Lattès, La Grenade, en juin 2020. Photo : DR

Samir, qui souhaite garder l’anonymat, savait qu’un jour, il publierait un livre. Ce Français, originaire de Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise, a sorti en juin dernier, son premier ouvrage « Saccharoses » dans la nouvelle collection des éditions JC Lattès, La Grenade. Un recueil explosif de trois nouvelles qui se répondent entre elles.

 

Malgré la qualité de son récit, son style percutant et provocateur teinté d’une belle poésie, son livre est passé quasiment inaperçu.

LCDL : Vous avez décidé de ne pas divulguer votre nom…

Samir : Effectivement. Même si ce que j’écris n’est pas forcément polémique, mes textes n’engagent que moi, pas les autres membres de ma famille, donc j’ai opté pour une sorte d’anonymat.

Racontez-nous la genèse « Saccharoses ». 

En vrai, j’ai toujours eu ce livre en moi. Il a juste mis un peu temps à « se révéler » dans sa forme finale. Je suis quelqu’un de très patient. Ça s’est débloqué quand je me suis installé à New York où j’ai vécu pendant trois ans, entre 2013 et 2016. Comme si le fait d’être loin de mon pays me libérait de mes chaines mentales. Et puis, outre-Atlantique, la langue française me manquait tellement, qu’écrire a été un excellent moyen pour combler ce vide.

Vous avez fait des études scientifiques …

Oui mais ce n’était pas un choix du cœur ! J’ai toujours aimé la littérature mais les profs m’ont toujours expliqué qu’il n’y avait pas de débouchés professionnels dans les études littéraires. Alors j’ai obéi bêtement et j’ai obtenu un Bac scientifique. De là, est sans doute née ma frustration. Une frustration que j’ai en partie réparée en publiant ce livre.

Vous lisez depuis toujours …

Oui, j’ai toujours aimé cela. Je lis énormément, et de tout.. J’ai commencé à lire très jeune. Il y a eu un livre qui a été déterminant dans ma construction intellectuelle, c’est « Les croisades vues par les arabes » d’Amin Maalouf. Ce livre a été un déclencheur et il m’a amené à m’intéresser à la culture arabo-musulmane.

Par la suite,  je suis tombé sur « Les Mille et une Nuits », un de mes ouvrages préférés. La lecture de ces livres m’a permis d’apaiser un peu toutes mes « tensions intérieures » et de retrouver un peu de fierté. La culture arabo-musulmane, celle dont est issue mes parents, est souvent malmenée en France, alors qu’elle est extrêmement riche et diverse.  Mais je n’écris pas pour revendiquer, ou me « venger ». J’écris pour raconter des histoires, même si la littérature sert parfois à exorciser ses démons.

Vous dites aussi que l’écriture de ce livre a été un long processus douloureux …

Je n’aime pas écrire. Ce que j’aime dans la littérature c’est l’émotion qu’elle procure. Oui, cela été un processus douloureux. Et il y a eu des moments où j’ai cru que je n’arriverais pas au bout de ce projet. Mais j’ai continué grâce à l’orgueil. Et puis, je ne voulais pas vivre avec des regrets. Comme je ne crois pas en la réincarnation et que pour moi il n’y a qu’une vie, je veux tout faire, tout vivre…

Et puis, ce qui me procure une vraie euphorie, c’est d’enchainer trois phrases parfaites. Il y a un côté maso, je le conçois. Écrire pour moi est un long processus douloureux mais quand le résultat final est à la hauteur de mes attentes, je suis l’homme le plus heureux du monde.

Une question qui revient sans cesse, mais je vous la pose quand même ! Saccharoses, votre livre, c’est vraiment de la fiction ?

Tout à fait ! Même si comme tous les auteurs, je m’inspire des personnes que je rencontre. Grâce à tous mes voyages autour du monde, j’ai eu la chance, ou la malchance ! de croiser une panoplie de « phénomènes »…Ça aide terriblement à écrire des histoires déjantées…

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.