Chalon-sur-Saône : la justice annule la fin des menus sans porc dans les cantines

 Chalon-sur-Saône : la justice annule la fin des menus sans porc dans les cantines


La bataille judiciaire a duré deux ans. Le tribunal administratif de Dijon a annulé, lundi 29 août, la décision de la municipalité de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) qui avait supprimé, depuis 2015, les menus de substitution au porc.


Le conseil municipal avait voté en septembre 2015 à une large majorité une délibération mettant fin à la distribution de ces repas servis pourtant dans cette commune depuis 1984. La décision du maire Les Républicains de la ville, Gilles Platret, avait déclenché une polémique jusque dans son propre camp.


Le tribunal administratif de Dijon a estimé que "cette décision n’avait pas accordé, au sens de la convention internationale relative aux droits de l’enfant, une attention primordiale à l’intérêt des enfants".


"Il s’est ainsi prononcé, sans prendre aucune position de principe à caractère général, au regard du seul cas particulier des cantines scolaires de Chalon-sur-Saône". 



Vendredi dernier, le rapporteur public s’était prononcé pour l’annulation de la décision, estimant que cette mesure "a mis fin à une pratique ancienne et durable qui jusqu’ici n’avait pas fait débat" et mis en doute la prise en compte de "l’intérêt supérieur de l’enfant".



"Nous considérons au contraire que cette décision a permis de protéger l’enfant dans son intérêt de fond : ne pas être discriminé en fonction de sa religion", a rétorqué le maire Les Républicains de la ville, Gilles Platret, invoquant le principe de laïcité. Selon lui, la mesure avait permis de mettre fin au "fichage" des élèves en fonction de leurs habitudes alimentaires, ce qu’il considère comme "un fichier religieux".


Les menus de substitution au porc dans les cantines scolaires de Chalon-sur-Saône devraient donc faire leur retour dès la rentrée prochaine dans les établissements scolaires de la ville.


Nadir Dendoune


avec Afp

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.