La mosquée de Bagnolet victime de tags racistes

 La mosquée de Bagnolet victime de tags racistes


Une histoire passée inaperçue dans les médias. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, la mosquée de Bagnolet (93), située rue Hoche a été taguée. « Fuck Islam », pouvait-on lire sur le fronton de l'édifice religieux, traduisant le climat nauséabond post attentat et la tentation d’amalgame d’un certain nombre d’esprits étriqués. Un signe nazi (fait à l'envers) a également été dessiné sur la porte d'entrée. 


 


Des inscriptions effacées dès le lendemain par les responsables de la mosquée. « Ces faits doivent faire l’objet d’une enquête et leurs responsables poursuivis et condamnés », ont écrit dans un communiqué le parti communiste local, rappelant que « combattre le terrorisme ce n’est pas combattre les musulmans ».


« Le but de D.A.E.C.H est de semer la peur et l’opposition entre la majorité de la population dite de « souche », se sentant menacée par des crimes odieux et la minorité musulmane de la population de plus en plus insécurisée par la montée des appels à la haine alimentée par d’autres extrémistes », dénonce encore le communiqué. « Face à la gravité de la situation, les mesures de sécurité doivent être examinées hors de toutes polémiques indignes mais avec sérieux pour chercher l’efficacité maximum ».


Malgré nos tentatives répétées, les responsables de la mosquée restent injoignables. Une plainte a été déposée, comme nous le confirme au téléphone le commissariat de Bagnolet, qui assure « qu’une enquête est en cours », sans donner plus de précisions. L’agent n’était pas en mesure de nous dire si des mesures de sécurité ont été prises pour protéger la mosquée de Bagnolet.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.