Paris Match confond le drapeau palestinien avec celui du Hamas

 Paris Match confond le drapeau palestinien avec celui du Hamas

Photo d’illustration d’un article paru dans le dernier numéro de Paris Match


 


Jointe par téléphone, la rédaction de Paris Match avoue avoir fait une bourde. « Vous avez raison : on a confondu le drapeau palestinien avec celui du Hamas et en cette période un peu tendue, ça ne peut que raviver les tensions ». « Je vais faire remonter l’information », promet la direction, sans donner d’autres précisions. 


 


Page 70 du dernier numéro, un article traitant de ce qu’il se passe en ce moment au Moyen-Orient, est illustré d’une photo datée du 10 octobre dernier où on aperçoit deux jeunes filles. Celle de gauche aide une autre à masquer son visage avec un drapeau palestinien. La légende se passe de commentaires : « Pas de voile mais un masque aux couleurs du Hamas pour affronter les forces israéliennes en Cisjordanie ».


L’hebdomadaire sort chaque vendredi mais ce n’est que ce lundi 19 octobre que les réseaux sociaux ont commencé à s’insurger. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une « bourde », mais d’un acte volontaire.


Pour Youssef, « comme à leur habitude, ils jouent sur la peur ». « Le journalisme dans sa plus grande subtilité », raille Eléonore, Française exilée en Israël et militante anticolonialiste. Medhi est très en colère. « Quand on est mauvais, quand on ne connaît pas son métier, quand on travaille pour faire de la propagande médiocre … c’est ça ! Et ces gens ont des cartes de presse ? », questionne le trentenaire. « Le drapeau palestinien est devenu celui du Hamas dans Paris Match. Ne pas oublier également la remarque « Pas de voile » qui, en plus d’être hors sujet, relève d’une islamophobie patente. Bref à vomir », note Manel, professeur d’histoire. Khaled, lui, pense que cette « légende mérite un sit-in face à leur locaux pour demander des explications ».


Depuis le début du « regain de violence » en Israël et dans les territoires occupés palestiniens (NDLR : pour les Palestiniens, la violence de l’occupation est quotidienne), de nombreux internautes se plaignent du traitement médiatique.


Ils regrettent que les « Palestiniens soient systématiquement présentés comme des terroristes ». Alors que pour beaucoup, « ils ne font que résister à une occupation militaire qui dure depuis 1967 ».


 


Nadir Dendoune


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.