Une aide accordée pour permettre aux Chibanis d’effectuer des longs séjours dans leur pays d’origine

 Une aide accordée pour permettre aux Chibanis d’effectuer des longs séjours dans leur pays d’origine

FRANCE. Deux Chibanis (retraités maghrébins) participent une manifestation devant la préfecture de Marseille


 


C'est une excellente nouvelle pour les Chibanis. Une aide, destinée à « faciliter » les séjours dans leur pays d’origine des anciens migrants à faibles ressources et vivant seuls en France, sera attribuée à partir du 1er janvier 2016, selon un décret paru ce jeudi 8 octobre 2015 au Journal officiel.


 


L’allocation, qui s’adresse notamment aux Chibanis (travailleurs maghrébins arrivés en France dans les années 70), vise à permettre aux retraités étrangers dont les ressources annuelles ne dépassent pas 6.600 euros, résidant seuls, en résidence sociale ou en foyer de travailleurs migrants, « d’effectuer des séjours de longue durée dans leur pays d’origine et de réaliser ainsi un rapprochement familial », précise le décret.


Les « Chibanis » se trouvent souvent, au moment de leur départ en retraite, lésés du fait de leur ancien statut précaire. En situation régulière sur le territoire français, ils touchent ainsi de très petites retraites, complétées par le minimum vieillesse (allocation de solidarité aux personnes âgées ou « ASPA »).



Cette allocation ne leur permet toutefois pas d’effectuer des séjours de longue durée dans leur pays d’origine, car l’ASPA est soumise à une condition de résidence en France de six mois par an.



Beaucoup de ces travailleurs migrants renoncent donc à se rendre auprès de leurs proches et sont contraints de vivre seul, en foyer ou dans des hôtels insalubres, alors qu’ils souhaiteraient rester plus longtemps hors de France auprès de leurs familles. 



A compter du 1er janvier 2016, ils pourront bénéficier d’une prestation spécifique, plus adaptée, pouvant aller jusqu’à 550 euros par mois, calculée en fonction de leurs ressources.



Cette allocation se substituera donc à l’ASPA et aux allocations logement. Elle permettra à ces retraités étrangers qui résident en foyers de travailleurs migrants d’effectuer des séjours de longue durée dans leur pays d’origine auprès de leurs familles sans perdre leurs prestations.



« Ce texte concrétise une avancée essentielle pour les 35.000 personnes concernées par cette situation », s’est félicitée la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.



Cette aide figurait parmi les principales recommandations d’une mission d’information sur les immigrés âgés, présidée par le député de Moselle Denis Jacquat (Les Républicains) et rapportée par le député Alexis Bachelay (PS). Le député socialiste s'est félicité de cette nouvelle. 


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.