L’Israélienne Hallel Rabin en prison pour avoir refusé de servir dans l’armée 

 L’Israélienne Hallel Rabin en prison pour avoir refusé de servir dans l’armée 

L’Israélienne Hallel Rabin, 18 ans, a été emprisonnée, lundi 19 octobre 2020, pour avoir refusé d’effectuer le service militaire obligatoire.

A seulement 18 ans, Hallel Rabin est déjà une grande dame. Pour avoir de nouveau refusé de servir dans l’armée de son pays, cette jeune israélienne a été envoyée, ce lundi 19 octobre, à la prison militaire de Tel Hashomer a-t-on appris par nos confrères du quotidien israélien de gauche Haaretz. Elle a écopé d’une peine de prison de 25 jours.

 

Résister à l’excès de violence

C’est la troisième fois qu’Hallel Rabin est emprisonnée pour ses idées; une première fois, en août dernier, puis le mois suivant pendant le nouvel an juif où elle était restée incarcérée durant 14 jours.

Dans un communiqué, celle qui est originaire du Kibboutz de Harduf, au nord d’Israël, est restée droit dans ses bottes. « Je suis prête à rester en prison jusqu’à ce que mes opinions soient prises en compte et qu’on admette leur légitimité », a-t-elle insisté.

« C’est ma manière non violente de résister à cet excès de violence. C’est un petit geste mais il me permet non seulement de ne pas abandonner mes valeurs et mon espoir, mais aussi de briser le cycle de la participation à la peur, la haine et la violence; à ce titre, il peut être significatif », a ajouté Hallel Rabin.

Refuzniks

En Israël, le service militaire est obligatoire et chaque année, des citoyens israéliens s’y opposent. On les appelle les « refuzniks ». Même si les « refuzniks » sont ultra-minoritaires en Israël, leur choix courageux de ne pas participer à « l’effort de guerre » permet à toute la société israélienne de débattre autour de la légitimité de l’occupation militaire en Palestine.

En 2014, 43 officiers et soldats israéliens, réservistes de la prestigieuse unité de renseignement 8 200, avaient refusé de combattre les Palestiniens, rappelant que « la seule mission de notre unité dans les territoires occupés n’est pas la défense du pays, mais le contrôle d’un autre peuple ». Depuis 1967, la Cisjordanie est occupée militairement et surtout illégalement par l’Etat d’Israël.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.