Maroc/Espagne. Déferlante migratoire sur le préside occupé de Sebta

 Maroc/Espagne. Déferlante migratoire sur le préside occupé de Sebta

Des migrants s’entretiennent avec un garde civil espagnol après avoir traversé la mer pour atteindre Sebta depuis le Maroc, le 17 mai 2021. ANTONIO SEMPERE / AFP

Des centaines de migrants dont des Subsahariens ont traversé à la nage, lundi 17 mai, le bras de mer qui sépare Fnideq du préside occupé de Sebta au nord du Maroc.

 

Selon des sources locales, ils étaient près de 3.000 à la tombée de la nuit. Selon des témoignages de riverains de Sebta, profitant du beau temps, ces migrants ont passé le bras de mer par groupe de 300 personnes, ce qui a  dépassé les forces de l’ordre espagnoles.

Selon les données recueillies pat l’Observatoire du Nord des droits de l’Homme, le mouvement de masse s’est poursuivi tard dans la nuit du 17 mai, malgré le couvre-feu décrété à cause de l’état d’urgence sanitaire.

C’est la première fois qu’un phénomène de cette ampleur est enregistré à Sebta. Parmi les 3000 personnes ayant pu regagner Sebta, au moins 2.700 migrants sont marocains dont 700 mineurs selon la délégation du gouvernement dans la ville.

Dès les premières heures du jour, les arrivées de migrants, venus des plages marocaines situées à quelques kilomètres au sud de Sebta, se sont multipliées sur le territoire, a indiqué un porte-parole de la préfecture de Ceuta. Ils n’étaient encore qu’une centaine dans la matinée – des jeunes hommes ainsi que des enfants et des femmes – mais au fil des heures, le flot ne s’est pas tari.

En début de soirée, le porte-parole de la préfecture annonçait que 2.700 personnes au total avaient franchi la frontière, confirmant qu’il s’agissait là d’un chiffre inédit.

Les migrants sont arrivés par la mer, à la nage, utilisant parfois des bouées gonflables ou des canots pneumatiques, et d’autres encore ont marché là où la mer “s’était retirée” ou ont franchi la frontière terrestre. Peu après 20h00, les arrivées semblaient s’être arrêtées, a encore indiqué le porte-parole.

Interrogé sur leur hébergement, il a précisé que toutes ces personnes devaient être accueillies dans des hangars sur la plage d’El Tarajal, mais que les autorités se réunissaient pour évaluer la situation, sans précédent. Le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé lundi soir dans un communiqué le “renforcement immédiat des effectifs de la garde civile et de la police nationale dans la zone” avec 200 agents supplémentaires.

Pour Mohamed Benaïssa, président de l’Observatoire du nord pour les droits de l’Homme, cette nouvelle vague de migrations concerne surtout “des mineurs, mais également des familles, tous marocains. Elle pourrait être en lien avec la crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne”.

Entre le début de l’année et le 15 mai, 475 migrants sont arrivés à Sebta, soit plus du double par rapport à la même période l’an passé, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés il y a quelques jours.

Le préside occupé de Sebta constitue avec Melilla la seule frontière terrestre entre le continent africain et l’Union européenne, c’est un point de passage pour l’immigration venue d’Afrique noire et du Maghreb.

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Mohamed El Hamraoui