Ouahib Timoulali gagne la compétition de l’Académie des Sciences de NY

 Ouahib Timoulali gagne la compétition de l’Académie des Sciences de NY

Académie des Sciences de New York.

Ouahib Timoulali, 22 ans, ingénieur marocain de Rabat et diplômé de l’École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Kénitra, a vu hier son nom apparaître parmi les vainqueurs d’une compétition de cybersécurité organisée par l’Académie des Sciences de New York. C’est le premier marocain à faire partie d’une équipe vainqueur de ce défi, dont les critères de sélection sont très rudes. 

Cybercastle, c’est le nom du projet vainqueur de l’équipe constituée de six personnes de différentes nationalités, dont fait partie le marocain Ouahib Timoulali. « Pour intégrer l’académie, le processus est très difficile et elle n’accepte que des étudiants ou mentors brillants. Le projet est jalonné de travaux qui doivent être soumis continuellement en respectant les dates butoirs et les exigences »,  a souligné l’ingénieur dans une interview donnée au média Morocco World News, avant d’exprimer sa fierté de faire partie d’une équipe très compétente, notamment sur le plan du codage et des stratégies de business.

Le projet “Cybercastle”

L’innovation Cybercastle a pour objectif de contrer les problématiques grandissantes de la cybersécurité liées à l’Internet des objets (IdO), un système d’objets connectés qui permet une communication entre les biens dits physiques et leurs existences numériques, sans avoir besoin d’une interaction d’humain à humain. Le projet de l’équipe se concentre sur la surveillance à distance du glucose, qui peut faire l’objet de piratage à travers des protocoles de cryptage très complexes, en plus de stocker les données des patients. Cybercastle permet de sécuriser la communication des patients avec leurs médecins, en les protégeant d’éventuelles expériences technologiques non voulues qui peuvent mettre en danger les vies des diabétiques possédant l’outil de contrôle de leur glucose.

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Une vocation

Ouahib Timoulali a montré très tôt des affinités avec la technologie. Il avait pour habitude de passer des heures dans le cyber café de son père dans le but de conceptualiser des innovations et d’élaborer des logiciels : « Le cyber café de mon père était mon endroit préféré dans le monde entier », a révélé l’ingénieur à Morocco World News. Pour l’étudiant, les mesures de cybersécurité pour protéger l’Internet des objects est une tâche cruciale pour aujourd’hui et pour l’avenir. En ce qui concerne le Maroc, il a exprimé son optimisme quant à la « prise de conscience de la dualité entre la transformation digitale et les risques informatiques » du pays, même si, selon lui, le Royaume a du chemin à parcourir pour combattre la cybercriminalité.

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Cybersécurité au Maroc

En février 2019, l’Indice Global de la Cybersécurité a classé le Maroc dans la liste des pays détenant une faible sécurité informatique. Le classement s’est fait sur la base de sept critères, allant des programmes malveillants aux législations concernant la cybersécurité. 

Un autre rapport de Kaspersky, un fournisseur d’anti-virus, a classé le Maroc en 34ème position dans la liste des pays avec le plus fort taux de cybermenaces. Le rapport a souligné que plus de 5.06 millions d’internautes au Maroc ont été victimes de cyber attaques, principalement dues à des programmes malveillants, de la période allant d’avril à juin 2019. Les logiciels malveillants exécutent des actions non autorisées et non voulues dans le système technologique de la victime. 

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Suite de l’aventure

Ouahib Timoulali et ses coéquipiers présenteront leur projet au sommet du Global Stem Alliance, la compétition organisée par l’Académie des Sciences de New York, qui se tiendra virtuellement en juillet. L’ingénieur prendra part à un second sommet en 2021 à l’Académie, pour présenter un projet à des investisseurs et sponsors pour obtenir des financements et étendre le projet à l’échelle internationale. 

Malika El Kettani