Vu sur les réseaux. Mondial/Tunisie : L’arrivée d’Hervé Renard suscite enthousiasme et critiques

 Vu sur les réseaux. Mondial/Tunisie : L’arrivée d’Hervé Renard suscite enthousiasme et critiques

L’annonce de l’intronisation express d’Hervé Renard à la tête des Aigles de Carthage, en remplacement de Sabri Lamouchi, a provoqué une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias sportifs internationaux.

Ce que disent les internautes tunisiens

Sur Facebook, X, Instagram et les forums sportifs tunisiens, plusieurs tendances se dégagent :

 

L’espoir du « sauveur »

De nombreux supporters considèrent Renard comme le seul entraîneur capable de redonner rapidement de la confiance à un groupe traumatisé. Son parcours en Afrique, avec deux CAN remportées, est régulièrement cité comme une garantie d’expérience.

Les commentaires les plus récurrents évoquent :

  • Enfin un coach avec du charisme :

« Hervé Renard fait du Hervé Renard et on n’est pas surpris car le mec est un meneur d’hommes et il a le charisme pour remobiliser des soldats en perte de repères. Après, si la recette va réussir, seul l’avenir nous le dira car on ne peut faire d’un âne un cheval de course », analyse Mehdi Gharbi, commentant le premier « motivational speech » très suivi du nouveau coach :

 

  • « Il fallait un électrochoc »

La page Les Aigles de Carthage (LADC) a mis à profit l’IA pour générer une vidéo insolite évocatrice de l’effet électrochoc dans les vestiaires :

 

Sur le réseau X, le compte Noussour (Aigles) a mis en valeur la rudesse des séances d’entraînement avec un Renard qui n’a pas perdu de temps pour appliquer sa « méthode commando » dès le premier training, via une vidéo qui totalise déjà plus d’1,2 million de vues :

 

Scepticisme face à une mission presque impossible

D’autres internautes jugent toutefois que le problème dépasse le seul entraîneur. Pour ces supporters, Renard arrive trop tard pour espérer une qualification et ne pourra pas faire de miracle en quelques jours :

  • Manque de qualité dans l’effectif :

« Répétez après moi : Vous pouvez remplacer un coach incompétent par un coach de génie, mais vous ne pourrez jamais transformer 26 mauviettes en 26 hommes dignes de ce nom », a écrit en des mots durs Ramzi Atwi à propos des titulaires et du banc tunisiens :

 

Erreurs de gestion de la Fédération :

Certains rappellent qu’en 2025, la FTF avait envisagé le recrutement d’un grand sélectionneur étranger, mais avait fait machine arrière après que la présidence de la République soit intervenue pour faire capoter le deal au prétexte de soupçons de corruption et de salaire astronomique en devises :

 

  • Origine des fonds nécessaires au recrutement de Renard :

D’autres encore soulignent les contradictions du pouvoir une fois dos au mur après l’échec cuisant du premier match du Mondial :

« Selon des journalistes internationaux, les frais liés au recrutement du nouveau sélectionneur national (à qui nous souhaitons bonne chance) seraient pris en charge par la présidence de la République. Au-delà du football, cette information soulève une problématique juridique et institutionnelle. L’État tunisien est régi par un texte fondamental en matière budgétaire : la loi de finances. La présidence de la République dispose d’un budget conséquent (229 millions de dinars), adopté pour des missions qui sont, en principe, clairement définies. Or, la rémunération d’un sélectionneur relève normalement du ministère de la Jeunesse et des Sports ou de la Fédération tunisienne de football. L’utilisation de fonds publics en dehors des crédits qui leur sont affectés, sans modification préalable de la loi budgétaire, constituerait une entorse manifeste aux règles de gestion des deniers publics et consacrerait davantage une logique d’« État des instructions » qu’un véritable État d’institutions.

En l’absence de transparence et de contrôle effectif dans le contexte actuel, marqué par une forte concentration du pouvoir, il est difficile de savoir quelles dépenses sont réellement imputées au budget de la présidence de la République. Et même en supposant que la présidence dispose d’une enveloppe exceptionnelle qu’elle peut mobiliser discrétionnairement, ne serait-il pas plus pertinent de l’orienter vers les priorités qui avaient été mises en avant pour justifier le changement de régime ? À titre d’exemple, l’hôpital de Gafsa continue de souffrir de graves insuffisances en matière d’équipements. Sa situation s’est-elle améliorée aujourd’hui ? Ou bien ces difficultés n’ont-elles servi qu’à légitimer la concentration du pouvoir entre les mains de l’État ? » S’interroge Louai Chebbi :

 

Le Youtubeur marocain AnasTube rappelle enfin, dans une vidéo qui totalise plus de 113 mille vues aujourd’hui, que des analystes sportifs tunisiens avaient en partie imputé ces derniers mois le déclin du football tunisien au fait que le pays aurait retiré sa candidature au bureau exécutif de la CAF au profit du grand frère voisin algérien :

Seif Soudani

Seif Soudani est journaliste du Courrier de l’Atlas basé à Tunis. Il couvre la politique, l’économie et les enjeux de société en Tunisie