Il y a 15 ans, Yasser Arafat disparaissait

 Il y a 15 ans, Yasser Arafat disparaissait

Une fleur exposée près du portrait du dirigeant palestinien Yasser Arafat à l’hôpital militaire Percy à Clamart


15 ans. Il y a 15 ans, Yasser Arafat décédait à Paris. Le 11 novembre 2004, le président palestinien mourait à l'hôpital militaire français Percy en région parisienne, des suites d'une "mystérieuse et courte maladie". Les causes de son décès ne sont toujours pas scientifiquement tranchées, malgré le non-lieu prononcé par les juges français en juillet 2017, suite à la plainte pour assassinat déposée par sa veuve.


Une commission d'enquête palestinienne avait été constituée dès 2009, puis, une expertise internationale (Suisse, France, Russie) avait été diligentée suite à la plainte de madame Arafat. 


La commission d'enquête palestinienne sur la mort de Yasser Arafat affirme avoir les preuves et l'identité de l'auteur de l'empoisonnement au polonium 210 de l'ancien chef de l'OLP. Israël est pointé du doigt.


Le chercheur en sciences politiques et spécialiste de la question palestinienne, Julien Salingue rappelle qu'à plusieurs reprises l'Etat d'Israël a tenté d'assassiner des leaders palestiniens, et que la disparition de Yasser Arafat, dans le cas où celle-ci ne pouvait être imputée à l'Etat hébreu, aurait arrangé ce dernier.


Les conclusions des experts suisses, favorables à la thèse de l'empoisonnement au polonium 210 — une substance fortement radioactive — se sont opposées à celles de deux autres équipes, françaises et russes, fin 2013. 


Si pour les experts russes et français, la mort de Yasser Arafat est d'origine naturelle, cette origine naturelle est en revanche "discutable" pour les experts suisses, qui "soutiennent raisonnablement l'hypothèse de l'empoisonnement". 


Sur place, la situation des Palestiniens n’a cessé d’empirer depuis la disparition d’Arafat. Gaza, sous blocus israélien depuis 2007, n’en finit pas d’étouffer. La colonisation s’est accélérée. 


L’Autorité palestinienne semble paralysée à l'extérieur et à l'intérieur, incapable donc de résister à la colonisation israélienne et d'organiser des élections. En ce jour anniversaire de la disparition de Yasser Arafat (surnommé Abou Ammar pendant ses années de clandestinité), son portrait est accroché partout dans les rues de Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne.


A l'inverse, les images de son successeur Mahmoud Abbas (surnommé lui Abou Mazen), qui fut longtemps un proche collaborateur d'Arafat, sont régulièrement arrachées.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.