Prisons : l’OIP appelle à « faire front » pour une nouvelle politique

 Prisons : l’OIP appelle à « faire front » pour une nouvelle politique

Illustration – Les Baumettes / Marseille (2013). Photo : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Avec la dissolution de l’Assemblée nationale et le risque Rassemblement national qui se fait de plus en plus pressant, l’Observatoire international des prisons (OIP) fustige la politique du gouvernement.

« Tandis que depuis des années, sa majorité n’a cessé d’imposer un programme répressif, de louer la surenchère sécuritaire et d’attiser le feu ethno-raciste et anti-social, les politiques démagogiques et autoritaires se sont banalisées », accusait hier (11 juin), dans un communiqué, l’OIP.

Ce dernier appelle à faire front pour un changement de politique pénale et pénitentiaire. La perspective de voir le Rassemblement national (RN) accéder à la tête du gouvernement fait craindre une politique encore plus répressive. L’OIP rappelle que le nombre de personnes incarcérées n’a jamais été aussi élevé.

« Au 1er mai 2024, 77 647 hommes, femmes et enfants étaient détenus, dont deux tiers dans des quartiers pénitentiaires surpeuplés à plus de 150% », pointe l’Observatoire qui regrette une situation aggravée de non-respect des droits fondamentaux.

 

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Solutions

En décembre 2022, Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, confirmait la construction de 15 000 nouvelles places d’ici à 2027, portant le nombre total de places à 75 000.

En janvier, à l’Assemblée nationale, le ministre précisait : « La construction de centres pénitentiaires constitue un des leviers à cette fin (…) Nous avons également développé les TIG et l’assignation à résidence sous surveillance électronique (Arse) ». 

Des initiatives peu convaincantes selon l’OIP, pour qui le gouvernement « s’est évertué à promouvoir l’augmentation du nombre de places de prison, feignant d’ignorer que ce programme coûteux n’a jamais permis de lutter contre l’indignité des conditions de détention ou la surpopulation carcérale ».

 

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Loi immigration

« Le gouvernement a poussé à son paroxysme la stigmatisation, la criminalisation et la répression des personnes étrangères avec la loi « Immigration », après avoir menacé d’incarcération les plus précaires et vulnérables dans de nombreux autres textes », dénonce l’OIP.

Celui-ci regrette un tour de vis répressif de plus à l’encontre des populations les plus précaires : « une personne sans domicile fixe ou née à l’étranger a, par exemple, cinq à six fois plus de risques d’être placée en détention provisoire et, par suite, huit fois plus de risques d’être finalement condamnée à de l’emprisonnement ferme ».

 

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Charly Célinain