Chloroquine : nouvelles restrictions gouvernementales

 Chloroquine : nouvelles restrictions gouvernementales


Le message gouvernemental donne l'impression d'un manque de clarté. Le gouvernement a rétropédale en imposant de nouvelles restrictions au médicament. Un message contradictoire avec les propos tenus par le Pr Raoult qui précise que ce médicament est inefficace "quand les malades ont des insuffisances respiratoires". Un nouveau imbroglio scientifique qui vient embrouiller un peu plus les patients !


Hier, un décret signé par le Premier Ministre et celui de la Santé autorisait la prescription de plusieurs molécules contre le COVID-19. Parmi celles-ci, le Plaquenil, à base d'hydroxychloroquine mais aussi le Kaletra (association Lopinair/ritovanir).


Alors que dans un premier temps, les travaux du Pr Didier Raoult avaient été gaussés, voire traités de "fake news", le gouvernement avait opéré déjà un premier virage en milieu de semaine. En effet, sur la base des commentaires du Haut Conseil de la Santé Publique, il avait autorisé la chloroquine pour les cas d'infections les plus graves dans un premier temps. Sans attendre les essais cliniques, qui sont en cours, le décret stipulait hier que "l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritovanir) peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d'un médecin aux patients atteints de COVID-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile". 


Nouvelle restriction aujourd'hui avec un décret qui modifie en ces termes l'utilsation de la molécule : "Ces prescriptions interviennent, après décision collégiale,  dans le respect des recommandations du Haut conseil de la santé publique, et en particulier, de l'indication pour les patients atteints de pneumonie oxygéno-requérante ou d'une défaillance d'organe". En clair, le gouvernement n'autorise la chloroquine que pour les cas graves et demain, le Conseil d'Etat devra déterminer s'il faut constituer des stocks de cette molécule ou non. 


Or dans une vidéo, publiée le 24 mars, le professeur Raoult était formel :"Sur le plan thérapeutique, ce que l'on est en train de voir, c'est que les malades au moment où ils ont des insuffisances respiratoires ou sont en réanimation, n'ont pratiquement plus de virus et souvent on arrive plus à cultiver le virus. C'est trop tard pour traiter les gens. C'est quand ils ont des formes modérés, moyennes qui commencent à s'aggraver, qu'il faut les traiter. Dans ce cas, on contrôle les virus qui se multiplient… Je plaide pour que l'on commence à traiter les gens avant."


De quoi jeter encore un mur d'incompréhension dans le mode de communication gouvernementale qui du coup, s'éloigne des positions défendues par le professeur Raoult. Ces complications dans le corps médical et batailles de mandarinat universitaire, ont eu le don d'agacer le professeur Idriss Aberkane qui dans une vidéo vue 600 000 fois, dénonce avec colère et véhémence, "la corruption scientifique qui tue". 


 


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Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).