Une pétition pour faire disparaître le général Bugeaud, « bourreau des Algériens »

 Une pétition pour faire disparaître le général Bugeaud, « bourreau des Algériens »

Depuis quelques années, Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire et M’Hamed Kaki, président de l’association Les Oranges de Nanterre (92) se battent pour que « pas une rue, pas une avenue, pas une école » ne porte le nom du maréchal Bugeaud, « bourreau des Algériens et ennemi de la République ». Il y a quelques jours, ils ont lancé une pétition adressée à l’Etat français.

 

« Bugeaud ; ce sont les « enfumades » recommandées à ses officiers en des termes très clairs sur le but poursuivi : la destruction physique des « indigènes » », écrivent-ils.

Les deux militants rappellent le bilan des exactions commises par le général Bugeaud qui s’élèvent selon eux à près de mille morts.

« Il fut aussi un ennemi acharné de la République qu’il a combattue les armes à la main pour défendre la monarchie de Juillet. Vaincu, il a poursuivi la bataille en rédigeant un traité de la guerre contre-révolutionnaire en milieu urbain », précisent-ils encore.

Olivier Le Cour Grandmaison et M’Hamed Kaki ne comprennent donc pas comment le nom du général Bugeaud puisse être encore célébré en France. Pour eux, lui rendre hommage est une « insulte permanente à l’émancipation des peuples et aux Algériens en particulier, et à la République qu’il a toujours haïe et une offense inacceptable faite aux héritiers de l’immigration coloniale et postcoloniale victimes de discriminations mémorielles qui s’ajoutent à toutes celles qu’ils subissent par ailleurs ».

A Paris, certains proches de la maire Anne Hidalgo, comme la communiste Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant, semble être du même avis. Elle s’est dit être « favorable à l’idée d’étudier précisément le cas du maréchal Bugeaud » et éventuellement débaptiser l’artère du XVIe arrondissement qui porte son nom. Cela pourrait être un bon début…

Le lien de la pétition ici.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.