Bruxelles.Immigration : la solidarité est-elle devenue délictueuse en Europe ?

Illustration - Palais de Justice de Bruxelles. THIERRY ROGE / BELGA MAG / AFP

Pendant combien de temps sera-t-il encore possible de venir en aide aux migrants en Europe ? Une question qui mérite d'être posée tant la répression envers les citoyens solidaires des migrants devient drastique. Demain (15 novembre), six personnes, dont trois Français, seront jugées au Palais de justice de Bruxelles pour avoir protesté face à une expulsion violente à bord d'un avion.

Indignation

C'était une expulsion par avion comme il y en a eu tant d'autres, sauf que la réaction des passagers a donné un sursis à la personne renvoyée vers son pays d'origine. En août dernier, dans un vol ralliant  la Belgique au Cameroun, un homme, entravé, crie et se débat. Les passagers ont réagi : « Ils refusent alors de s’asseoir et protestent verbalement contre le traitement inhumain et violent dont ils sont témoins. Ces actes de solidarité contraignent le commandant de bord à refuser d’embarquer la personne » rapporte le collectif Délinquants solidaires, créé en janvier dernier pour que la solidarité envers les étrangers ne soit pas un délit.

« Règles strictes »

Suite à cet incident, six voyageurs sont désignés par la police « pour avoir participé à la contestation ». Le procès, qui aura lieu demain en Belgique, montre l'aspect répressif de la politique d'immigration européenne. Suite à l'interdiction de séjour d'un imam de la Grande mosquée de Bruxelles en octobre dernier, le journal américain Washington Post présentait Théo Francken, secrétaire d'Etat belge à l'asile et l'immigration, en « tenant d'une ligne dure anti-immigration ». Ce dernier s'en est défendu sur les réseaux sociaux : « Je ne suis pas anti-immigration, je défends juste une AUTRE politique de l'immigration, avec des règles claires et strictes, et suis à 100% contre une politique du laisser-faire et du laisser-passer ». Les migrants et leurs soutiens sont prévenus.

Intimidation

En France, en juillet dernier, le collectif Délinquants solidaires dénonçait des actes d'intimidation, non seulement dans la région de la vallée de la Roya, mais plus généralement sur tout le territoire. Et s’ils sont moins médiatisés, ils n’en sont pas moins inquiétants : « Que ce soit à Calais, en mer Méditerranée et dans la vallée de la Roya, il n’est pas anodin que des groupuscules identitaires puissent se faire le relais, sur le terrain, de politiques répressives contre les personnes migrantes et contre celles et ceux qui s’indignent et se mobilisent face au sort qui leur est réservé ».

Des actes favorisés par un climat délétère, non seulement en France mais aussi dans plusieurs pays européens.  De plus, la multiplication des procédures à l'encontre de citoyens solidaires des migrants fait craindre le pire au collectif Délinquants solidaires qui « réaffirme la nécessité de défendre le principe de solidarité, en dehors de toute considération sur le statut juridique des personnes concernées ».

CH. Célinain

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