Tunisie. El Kamour : signature d’un accord avec les manifestants et début de levée du sit-in

Les autorités tunisiennes sont parvenues vendredi matin à un accord avec les manifestants d’El-Kamour, dans le sud du pays, où le sit-in a dégénéré en heurts le mois dernier et bloqué la production de pétrole. Avec la médiation de la puissante centrale syndicale UGTT, l’accord a été signé à Tataouine, chef-lieu de la région, en présence du ministre de l’Emploi, Imed Hammami, et de représentants des manifestants.

« Cet accord satisfait tout le monde (...) et sera très bénéfique pour Tataouine et la Tunisie », a déclaré M. Hammami, au micro de Radio Tataouine, qui diffusait en direct la séance de signature. « Les demandes des jeunes de Tataouine vont être remplies » en termes d’emplois dans les sociétés pétrolières et de création d’un fonds d’investissement de 30 M€ notamment, et la station de pompage de pétrole d’El-Kamour va reprendre « immédiatement » ses activités, a-t-il ajouté.

Selon les autorités, la production de pétrole est quasiment à l’arrêt à Tataouine en raison des mouvements sociaux. Depuis près de trois mois, des habitants de Tataouine réclament une meilleure répartition des richesses et des recrutements prioritaires dans les sociétés pétrolières. La crise avait mis en lumière l’écart persistant de développement entre les grandes villes côtières et le reste du pays défavorisé d’où est parti la révolution de l’hiver 2010/2011.

Applaudissements

Fin mai, le sit-in d’El-Kamour, site pétrolier situé à deux heures de route de Tataouine en plein désert, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Un manifestant a été tué par un véhicule de la gendarmerie, « accidentellement » selon les autorités, ce qui a provoqué une flambée de violences et des marches de solidarité. Vendredi matin, sous les applaudissements, c’est le père du manifestant tué qui a signé l’accord au nom des protestataires, « un geste noble de leur part », a dit le ministre de l’Emploi. L’un des points de l’accord est d’ailleurs le recrutement d’un membre de la famille du manifestant décédé.

Le texte prévoit aussi la réouverture de la route d’El-Kamour, bloquée par le sit-in, et la fin des manifestations à travers le gouvernorat de Tataouine. Toutefois, à El-Kamour même, « les tentes resteront sur place jusqu’à ce qu’on commence à appliquer les mesures » promises, a dit après la signature Tarek Haddad, porte-parole du mouvement de contestation. Parmi ces promesses figurent le recrutement de 1500 locaux au sein des sociétés pétrolières d’ici à la fin de l’année, le recrutement de 3000 personnes dans la fonction publique, ainsi que l’abandon des poursuites à l’encontre des manifestants.

Les mouvements sociaux sont fréquents en Tunisie depuis la chute de la dictature en 2011. Les évènements d’El-Kamour sont les plus sérieux ceux de Kasserine et Gafsa en janvier 2016, date à laquelle le pays a connu sa plus importante contestation sociale depuis la révolution après la mort d’un jeune lors d’une manifestation pour l’emploi.

Rached Cherif

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