La légende de la chanson kabyle, Idir est décédé

 La légende de la chanson kabyle, Idir est décédé

 

Fabuleux interprète de la chanson qui l’a fait connaitre mondialement, A vava Inouva, le chanteur âgé de 70 ans est décédé à l’hôpital Bichat à Paris. L’icône de la musique berbère luttait contre une maladie depuis plusieurs années

 

Sa voix était toujours délicate, son approche humaine et sa musique envoutante. Le chanteur amazigh a fait connaitre la culture berbère au delà des frontières algériennes. Inspiré par plusieurs influences, il a choisi de faire une grande partie de sa carrière dans la langue des montagnes de Kabylie.

 

Sa famille a annoncé son décès à travers la page officielle de l’artiste. « Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix, Papa ». La famille a précisé qu’Idir n’était pas « mort du COVID-19 ».

 

Ses fans ont laissé de nombreux messages sur les réseaux sociaux, rappellant les plus beaux titres du chanteur : « Ssendu », « Lettre à ma fille » et bien évidemment la mythique et intemporel « A vava Inouva ». Le directeur des relations publiques du Courrier de l’Atlas, Mounir Jebbouri se remémore un être incroyable. « C’était un militant de la premi!re heure doté d’une intelligence inouïe et d’une sagesse hors norme. J’ai eu la chance de le rencontrer lors du Festival Arabesques à Montpellier. C’était un artiste abordable.Si je peux le décrire, je dirais que c’était un citoyen du monde. Je présente toutes mes condoléances à sa famille et à ses fans. » Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Hafiz Chems-eddine, parle de la perte d’un « grand artiste algérien.  J’ai beaucoup apprécié l’homme discret, humble et engagé et l’artiste aux chansons douces. Il fait partie du patrimoine universel. Sa musique a dépassé les frontières de l’Algérie et de la région de Kabylie.« 

 

Fils de berger, Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet est né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, un village de Kabylie. Se destinant à être géologue, il passe sur Radio Alger en 1973. Sa chanson A Vava Inouva va faire le tour du monde. Ce titre diffusé dans 77 pays est également traduit en quinze langues. Le sociologue Pierre Bourdieu dira de lui, « ce n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famlle. »

 

Le chanteur kabyle a transcendé sa musique lors de duos fabuleux avec différents chanteurs comme lors de la chanson Ilsatyen avec le breton Alan Stivell, A Tulawin (une Algérienne debout) avec Manu Chao ou sa reprise de Scarborough Fair avec sa fille Tanina en hommage à Lounes Aït Menguellet. Son album « Identités », duo avec plusieurs chanteurs connus (Manu Chao, Maxime Le Forestier, Zebda ou l’Orchestre National de Barbès) avait véritablement cartonné auprès du grand public a sa sortie en 1999. En 2007, il publie l’album La France des couleurs, en pleine campagne présidentielle. Son dernier album, Ici et Ailleurs, de duos avec Francis Cabrel, Bernard Lavilliers, Gérard Lenorman ou Tryo entre autres, sortira en 2017. Dernièrement, il a participé au disque de Pierre Perret dans la chanson « la petite kurde » et dans la reprise « Au café du Canal » avec une pléiade d’artistes, rassemblée par les Ogres de Barback.

 

Fervent défenseur de la cause kabyle, il ne ratait jamais une occasion de mettre en avant sa musique et culture comme lors de cette interview qu’il nous avait accordé pour le concert « 1,2,3 Kabylie ».

 

 

 

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Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.