Libération de Sama Abdulhadi la DJ palestinienne 

 Libération de Sama Abdulhadi la DJ palestinienne 

La DJ Sama Abdulhadi a été libéré ce ce lundi 4 janvier 2021. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Une bonne nouvelle pour commencer l’année 2021. Nous vous en parlions dans nos colonnes il y a quelques jours : la DJ palestinienne Sama Abdulhadi, arrêtée la semaine dernière par la police de son pays pour avoir donné un concert controversé sur un site archéologique et religieux en Cisjordanie occupée, est libre, a fait savoir ce lundi 4 janvier sur les réseaux sociaux sa famille.

 

Considérée comme la première DJ palestinienne, Sama Abdulhadi, 30 ans, avait été arrêtée le 27 décembre pour avoir organisé, la veille, un concert de musique électronique à Nabi Moussa, lieu présumé de la tombe du prophète Moïse (Moussa dans le Coran), près de Jéricho.

Elle a été libérée dimanche soir après avoir payé 3 500 dollars (environ 2 840 euros), a déclaré son père, Saad Abdulhadi. Il a précisé qu’elle devrait comparaître lors d’une nouvelle audience dont la date n’a pas été déterminée. Il lui est interdit de voyager jusqu’à l’audience, a-t-il ajouté.

La famille de la musicienne avait affirmé qu’elle avait reçu l’autorisation des autorités pour ce concert. « Malheureusement, l’arrestation de ma fille a été décidée pour plaire à la rue », a regretté son père.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des hommes et des femmes dansant à Nabi Moussa lors du concert. Elles ont suscité une vague d’indignation, des internautes estimant qu’il s’agissait d’une profanation du lieu, où se situe également une mosquée.

Le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, avait réclamé la création d’une commission d’enquête « afin de déterminer ce qu’il s’est passé à Nabi Moussa ». Une pétition en ligne réclamant la libération de la DJ, également connue à l’étranger, a réuni plus de 100 000 signatures en une semaine.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.