19 alpinistes palestiniens ont gravi le Kilimandjaro en soutien à Salah Hamouri, expulsé de sa terre par Israël

 19 alpinistes palestiniens ont gravi le Kilimandjaro en soutien à Salah Hamouri, expulsé de sa terre par Israël

Sur le toit de l’Afrique, 19 Palestiniens ont brandi un portrait de Salah Hamouri et déployé un drapeau palestinien, mercredi 24 mai 2023. Photo : DR

Ce mercredi 24 mai, 19 Palestiniens, dix filles et neuf garçons, membres de l’association « Palestine on the Summit », ont atteint le sommet du Kilimandjaro (5 895 m). Une ascension en hommage à Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 38 ans, expulsé à vie de sa terre natale vers la France, en décembre dernier.

Sur le toit de l’Afrique, les alpinistes ont brandi fièrement un portrait de Salah Hamouri et déployé un drapeau palestinien. Un exploit salué par Salah Hamouri qui a tenu à remercier le groupe sur Instagram.

« Nous partons également à l’assaut du Kilimandjaro pour dénoncer les politiques de détention administrative abusivement employées par Israël, les révocations des cartes de résidence, les déplacements forcés et d’expulsions déployés par Israël depuis sa création », confiait fin avril au Courrier de l’Atlas Ahmad Biqawi, 25 ans, un des membres de l’expédition.

« Palestine on the Summit » est une association qui organise des expéditions sur les plus hauts sommets du monde pour sensibiliser le monde à la cause palestinienne.  En 2022, certains de ses membres avaient déjà gravi le Mont Ararat (5 137 m) en Turquie. Ils avaient brandi au sommet des drapeaux palestiniens ainsi qu’une banderole en hommage à Shireen Abu Akleh et demander justice pour cette journaliste palestinienne tuée par l’armée israélienne à Jénine, le 11 mai 2022.

Salah Hamouri, employé d’Adameer, une ONG de défense des prisonniers palestiniens a passé près de dix années derrière les barreaux israéliens (voir nos éditions). A plusieurs reprises, il a été incarcéré sous le régime de la détention administrative, qui permet à Israël d’emprisonner des suspects sans charge ni procès. Le cas de Salah Hamouri a été à de nombreuses reprises dénoncé par les grandes organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International.

Le 18 décembre dernier, Salah Hamouri atterrissait à Roissy après qu’Israël ait décidé de l’expulser à vie de sa terre natale. Une décision condamnée par la France, jugée « contraire au droit », par le Quai d’Orsay. L’ONU l’a qualifiée de « crime de guerre ».

Depuis son arrivée en France, Salah Hamouri est pris à partie à chacun de ses déplacements par les soutiens inconditionnels de l’Etat d’Israël qui ne supportent pas ses prises de parole publique et tentent de le faire taire.

Dernier épisode en date : mardi 16 mai, à Toulouse, où des membres du Crif sont venus perturber la réunion à laquelle il était convié.

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.