« J’en ai rien à faire des 2 millions de personnes à Gaza », David Antonelli, président de Corse-Israël sur I24 news

 « J’en ai rien à faire des 2 millions de personnes à Gaza », David Antonelli, président de Corse-Israël sur I24 news

Ce lundi 16 octobre, pendant deux minutes 15, David Antonelli, 42 ans, Corse converti au judaïsme, et président de l’association Corse-Israël a été en roue libre sur le plateau d’I24 news. Malgré des propos qui peuvent relever « d’apologie du terrorisme », « d’appels à la haine », voire au « d’appel au génocide », il n’a jamais été contredit par les autres personnes présentes sur le plateau.

 

On rappelle qu’I24 news est diffusée gratuitement en France et qu’elle est tenue comme les autres chaines françaises de suivre des règles de déontologie établies par l’Arcom, ex CSA, le « gendarme » de l’audiovisuel.

La scène est surréaliste ce lundi 16 octobre sur le plateau de I 24 news. David Antonelli, de son vrai prénom Nicolas, qui a passé son enfance en Corse, avant de s’installer en Israël en 2014 et se convertir quelques temps plus tard au judaïsme, commence frontal :

« Je vais vous dire honnêtement les choses comme toujours. Moi je me fiche éperdument des 2 millions de Gazaouis moi ce qui m’importe aujourd’hui, c’est la vengeance des 1300 Israéliens, femmes, bébés, père de famille qui ont été massacrés. C’est d’abord la vengeance d’Israël, relever la gloire d’Israël », dit-il sans sourciller, sans qu’aucun sur le plateau ne soit choqué par ses propos exécrables.

 

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David Antonelli est un invité régulier sur la chaîne franco-israélienne. Très à l’aise, il continue de déverser sa haine : « Les gens qui font la distinction entre la population et le Hamas, ils ont oublié certaines choses. Ils (NDLR : les Palestiniens) sont tous biberonnés à la même haine du Juif », scande-t-il, toujours sans déclencher aucune réaction des autres invités.

A propos de Gaza, le président de l’association Corse-Israël affiche sans complexe son extrémisme religieux en déclarant que l’enclave palestinienne est d’abord la terre d’Israël.

 

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« Quand on nous dit qu’on occupe la Terre d’Israël ou qu’on l’a vole, de dire à tous ces dirigeants du monde que Dieu a créé le Ciel et la Terre et la Terre d’Israël nous appartient donc Dieu la donne à qui il veut. Si les États Unis de Biden, si la communauté internationale, si l’Union européenne ne sont pas contents de notre réponse qui doit être impitoyable et si on va reprendre Gaza alors tant pis pour eux . On doit pas se soucier ni des Droits de l’Homme ni de la pensée progressiste ni du mondialisme. On doit avancer en tant que Juif et quand on avancera en tant que Juif, on recevra plus de claques horribles comme on a reçu. Ça, je peux vous le dire », conclut-il fièrement.

Jointe l’Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, affirme ne pas encore avoir été saisi pour les propos de David Antonelli. Elle précise que « chacun peut alerter en allant sur notre site ». Sur son site, justement, l’Arcom rappelle qu’elle peut « utiliser son pouvoir de sanction pour des propos discriminants, soit parce qu’ils étaient tenus par les animateurs eux-mêmes, soit parce qu’ils émanaient des auditeurs et téléspectateurs et que les animateurs de l’émission n’étaient pas intervenus pour interrompre ou modérer ces propos ».

I24 News n’a pas encore répondu à notre demande d’interview.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.